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FreeCAD, Fusion, Onshape ou Blender : quel logiciel pour dessiner en 3D ?

CAO paramétrique ou sculpture, gratuit ou non commercial, navigateur ou logiciel installé : le comparatif de FreeCAD, Fusion, Onshape et Blender pour choisir selon votre projet.

Par l'atelier Chouette

Si vous voulez dessiner des pièces fonctionnelles (un support, un boîtier, une pièce de rechange), commencez par FreeCAD ou Onshape, selon que vous préférez un logiciel installé ou un navigateur. Si vous voulez créer des figurines, des personnages ou des formes sculptées, c'est Blender. Fusion se situe entre les deux, très complet, mais sa licence gratuite est réservée à un usage personnel non commercial et ses conditions ont souvent bougé.

Voilà pour la réponse courte. La longue commence par une distinction que la plupart des comparatifs oublient, et qui explique pourquoi ces quatre logiciels ne jouent pas dans la même catégorie.

Dessiner une pièce ou sculpter une forme : deux familles d'outils

Les logiciels 3D se rangent en deux grandes familles, qui pensent l'objet de manière opposée.

La CAO paramétrique : des cotes et un historique

FreeCAD, Fusion et Onshape sont des logiciels de CAO paramétrique. On y dessine d'abord une esquisse plane avec des cotes précises (un rectangle de 40 × 25 mm, un trou de 6 mm à 8 mm du bord), puis on la transforme en volume par extrusion, révolution ou enlèvement de matière. Chaque étape est enregistrée dans un historique. Si la pièce doit finalement faire 42 mm, on modifie la cote, et tout le reste suit.

C'est l'approche des ingénieurs, et c'est la bonne pour tout ce qui doit s'emboîter, se visser ou remplacer une pièce existante.

La modélisation par maillage : une surface qu'on façonne

Blender, lui, travaille principalement sur des maillages : des surfaces faites de milliers de petites facettes qu'on déplace, étire, sculpte. On y modèle comme on modèlerait de la pâte. C'est idéal pour un visage, une créature, un décor organique ; beaucoup moins pour placer un trou à 8 mm d'un bord au centième près.

Cette différence se retrouve jusque dans les fichiers produits. Un logiciel de CAO exporte des fichiers STEP, qui décrivent des volumes exacts et restent modifiables ; un logiciel de maillage produit des STL ou des OBJ, qui décrivent une peau de triangles. Notre article sur les formats STL, 3MF et STEP explique pourquoi cette nuance compte quand vous nous envoyez un fichier.

Choisir un logiciel, c'est d'abord choisir entre dessiner une pièce et sculpter une forme.

Le comparatif en un tableau (septembre 2026)

FreeCADFusionOnshapeBlender
FamilleCAO paramétriqueCAO paramétriqueCAO paramétriqueMaillage, sculpture
Prix pour un particulierGratuit, libreGratuit en usage personnel non commercial, fonctions limitéesGratuit, documents publics, non commercialGratuit, libre
Usage commercial gratuitOuiNon (licence payante)Non (à partir de 1 500 $ par an)Oui
FonctionneInstallé (Windows, macOS, Linux)Installé, avec stockage en ligneDans le navigateurInstallé (Windows, macOS, Linux)
Prise en mainLa plus exigeanteAssez fluideAssez fluideExigeante, interface très riche
Idéal pourPièces techniques, sans dépendance à un éditeurPièces techniques, assemblages, formes complexesPièces techniques, travail sur plusieurs ordinateursFigurines, personnages, décors, formes libres

Détaillons chacun, avec ses vrais points forts et ses défauts.

FreeCAD : libre, sans compte, et enfin mûr

FreeCAD est un modeleur paramétrique libre, distribué sous licence LGPL, qui fonctionne sous Windows, macOS et Linux. Son site officiel résume bien sa philosophie : pas d'inscription, pas de mur payant, pas de restriction. Vous pouvez l'utiliser pour un projet commercial sans rien devoir à personne.

Longtemps, FreeCAD a eu une réputation de logiciel prometteur mais capricieux. La version 1.0, sortie le 18 novembre 2024, a corrigé son défaut le plus pénible, le « problème de nommage topologique » (une modification en amont qui cassait les étapes suivantes), et intégré un atelier d'assemblage. La version 1.1, publiée le 24 mars 2026, a poursuivi ce travail de fond.

Ses points forts : gratuit sans condition, fichiers qui vous appartiennent, export STEP et STL natif, communauté active.

Ses défauts : une interface organisée en « ateliers » (Part Design, Sketcher, Assembly…) qui déroute au début, et une courbe d'apprentissage plus raide que ses concurrents commerciaux. Comptez quelques soirées avant de vous sentir à l'aise.

Fusion : le plus complet, sous conditions

Fusion (anciennement Fusion 360), d'Autodesk, est très répandu chez les makers pour les pièces techniques. Il combine CAO paramétrique, modélisation de formes libres, assemblages et préparation d'usinage dans une interface cohérente.

Il existe une édition gratuite pour un usage personnel, domestique et non commercial, aux fonctionnalités limitées. Ces limites ont évolué plusieurs fois au fil des années : avant de vous y investir, lisez les conditions en vigueur sur le site d'Autodesk, en particulier sur le nombre de documents modifiables et les formats d'export.

Ses points forts : puissance, fluidité, énorme quantité de tutoriels, outils de formes libres pour les objets galbés.

Ses défauts : dépendance à un compte et au stockage en ligne de l'éditeur, conditions de licence qui peuvent changer, et impossibilité d'utiliser la version gratuite pour vendre ce que vous dessinez.

Onshape : la CAO dans le navigateur

Onshape fonctionne entièrement dans un navigateur web : rien à installer, et vos projets vous suivent d'un ordinateur à l'autre, y compris sur un ordinateur modeste. Sa formule gratuite est réservée à un usage non commercial, et tous les documents y sont publics. La formule Standard, qui permet l'usage commercial et le stockage privé, est affichée à 1 500 $ par utilisateur et par an en septembre 2026.

Ses points forts : aucune installation, historique des versions intégré, travail à plusieurs en temps réel, excellente pour une classe ou un club.

Ses défauts : tout ce que vous dessinez en gratuit est visible par tous, ce qui exclut un projet confidentiel ; et il faut une connexion internet.

Vous comptez vendre ce que vous dessinez ? C'est la question à vous poser avant de choisir. Les versions gratuites de Fusion et d'Onshape excluent l'usage commercial. FreeCAD et Blender l'autorisent. Changer de logiciel en cours de projet coûte cher, surtout sur des pièces paramétriques qui ne se transfèrent qu'imparfaitement d'un logiciel à l'autre.

Blender : le roi des formes libres

Blender est une suite 3D libre (licence GPL), développée par la Blender Foundation et sa communauté. Sa version 5.2 est sortie le 14 juillet 2026. Il sert à tout : modélisation, sculpture, animation, rendu, et même montage vidéo.

Pour l'impression 3D, c'est l'outil rêvé des figurines, des personnages, des accessoires de cosplay aux formes organiques et des décors. Les outils de sculpture permettent de modeler un visage comme dans de la terre. Si c'est votre projet, notre article sur l'impression de figurines en résine explique ce qui compte pour qu'une sculpture numérique devienne une belle pièce, et celui sur les accessoires de cosplay montre comment découper et finir de grandes formes.

Ses points forts : gratuit, sans limite, extraordinairement puissant pour les formes libres, communauté immense.

Ses défauts : ce n'est pas un logiciel de CAO. Placer un trou à une cote précise est possible, mais laborieux, et modifier une dimension après coup ne répercute rien automatiquement. Les modèles sculptés doivent aussi être vérifiés avant impression : maillage fermé, pas de parois trop fines, pas de faces inversées.

Et si vous préférez écrire que dessiner ?

Un cinquième candidat mérite une mention, parce qu'il plaît beaucoup à un profil précis : OpenSCAD, un modeleur libre qui fonctionne sous Windows, macOS et Linux. Ici, pas de souris ni d'esquisse : on décrit l'objet par du code. Une ligne crée un cube, une autre soustrait un cylindre, une variable fixe la longueur.

Cette approche a un charme redoutable pour les objets qu'on décline : une boîte dont on veut dix tailles, une étiquette dont seul le texte change, un support qui doit s'adapter à plusieurs diamètres de tube. On modifie une valeur, on relance, et la nouvelle version est prête. Beaucoup de modèles « personnalisables » qu'on trouve en ligne sont d'ailleurs écrits ainsi.

La contrepartie est évidente : si l'idée d'écrire du code vous rebute, passez votre chemin. Et les formes organiques y sont presque impossibles. Pour un développeur ou un enseignant en sciences, en revanche, c'est souvent le logiciel qui « clique » le plus vite.

Trois profils, trois recommandations

« Je veux réparer des objets de la maison »

Un clip d'électroménager, un support, une cale : il vous faut de la CAO paramétrique. FreeCAD si vous aimez maîtriser vos outils et vos fichiers, Onshape si vous voulez commencer ce soir sans rien installer. Dans les deux cas, la compétence clé n'est pas le logiciel mais la mesure : notre guide pour mesurer une pièce cassée vous fera gagner plus de temps que n'importe quel tutoriel.

« Je veux créer des figurines, des décors, des personnages »

Blender, sans hésitation. Prévoyez du temps : la sculpture numérique s'apprend comme un art, pas comme un logiciel.

« Je développe un produit que je compte vendre »

Ici, la licence passe avant l'ergonomie. FreeCAD est gratuit pour cet usage ; les autres demandent une licence professionnelle. Pour la démarche complète, du prototype à la première série, notre article destiné aux startups hardware détaille les étapes.

Et si vous n'avez jamais dessiné en 3D ? Commencez par une heure sur Tinkercad. Ce n'est pas un logiciel de CAO complet, mais il vous apprendra les réflexes de base (penser en volumes, taper des cotes, percer, grouper) avant d'attaquer un outil plus exigeant.

Un premier mois pour apprendre, sans se décourager

Le logiciel compte moins que la façon de l'apprendre. Voici la progression que nous conseillons, quel que soit l'outil choisi.

  1. Semaine 1 : l'esquisse. Dessinez des formes planes entièrement cotées et contraintes. C'est la base de toute la CAO, et c'est là que la plupart des débutants bâclent.
  2. Semaine 2 : un objet simple de chez vous. Un porte-savon, une cale, un crochet. Mesurez-le, redessinez-le, comparez.
  3. Semaine 3 : un emboîtement. Une boîte et son couvercle. Vous découvrirez la notion de jeu, que notre article sur les tolérances d'emboîtement explique en détail.
  4. Semaine 4 : une vraie pièce utile. Une pièce cassée à remplacer, un support sur mesure. Faites-la imprimer, testez-la, corrigez.

L'erreur classique consiste à enchaîner les tutoriels vidéo sans jamais dessiner un objet à soi. On retient beaucoup mieux en butant sur un vrai problème.

Ce que ces logiciels ne font pas à votre place

Un logiciel, si bon soit-il, ne sait pas qu'un trou imprimé sort légèrement plus petit que le dessin, qu'une paroi de 0,6 mm ne tiendra pas, ou qu'un surplomb à 70° demandera des supports. Ces connaissances viennent de l'impression elle-même. C'est pourquoi on conseille d'imprimer tôt, même des essais imparfaits, plutôt que de peaufiner longtemps un modèle à l'écran.

Vous avez besoin d'une pièce, mais pas l'envie ou le temps d'apprendre un logiciel ? On la dessine pour vous, d'après photo, croquis ou mesures. Devis gratuit sous 24 h ouvrées.

Demander une conception sur mesure

La conception sur mesure démarre à 35 €, et une petite pièce imprimée coûte généralement entre 8 et 20 € ; les repères sont sur notre page tarifs. Et si vous avez déjà dessiné votre pièce, dans n'importe lequel de ces logiciels, envoyez-nous le fichier : nous vérifions qu'il est imprimable avant de lancer quoi que ce soit.

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