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Tinkercad pour débutant : votre premier objet imprimable en une heure

Un porte-clés avec un prénom en relief, dessiné minute par minute dans Tinkercad : cotes, texte, trou, groupement, vérifications et export STL, plus les erreurs de débutant à éviter.

Par l'atelier Chouette

Vous n'avez jamais dessiné en 3D, vous n'avez pas envie d'installer un logiciel ni de suivre un cours, mais vous aimeriez créer vous-même un petit objet à faire imprimer ? Tinkercad est fait pour ça. En une heure, sans rien connaître au départ, vous pouvez dessiner un porte-clés personnalisé et obtenir un fichier prêt à imprimer.

Ce guide vous emmène pas à pas, minute par minute, du premier clic à l'export du fichier. Chaque étape vous apprend un geste que vous réutiliserez ensuite pour tout le reste : caler un objet, percer un trou, grouper, vérifier une cote.

Ce qu'est Tinkercad, en trois phrases

Tinkercad est un logiciel de modélisation 3D gratuit qui fonctionne dans un simple navigateur web. Lancé en 2011 et racheté par Autodesk en 2013, il repose sur une méthode très simple : on assemble des formes de base (cubes, cylindres, sphères, textes), chacune étant soit pleine, soit un trou, et on les combine. Un cube plein auquel on ajoute un cylindre « trou », une fois les deux groupés, devient un cube percé.

C'est tout. Pas d'esquisse, pas de contraintes, pas d'historique de construction. Cette simplicité fait sa force pour débuter, et ses limites pour les pièces techniques, on y reviendra.

Il vous faut seulement un compte gratuit et un ordinateur avec une souris. L'interface existe en français. Sur tablette, c'est possible mais nettement moins confortable ; une souris à molette change vraiment la vie pour tourner autour de l'objet.

Le projet : un porte-clés avec un prénom en relief

Pourquoi un porte-clés ? Parce qu'il contient, en miniature, les trois opérations de base de toute modélisation : une forme principale, un détail ajouté par-dessus, un trou percé à travers. Et parce qu'il s'imprime vite, sans supports, et qu'on s'en sert vraiment.

Voici ce que nous allons dessiner :

  • une plaque aux coins arrondis de 50 × 20 mm, épaisse de 4 mm ;
  • un prénom en relief de 2 mm sur le dessus ;
  • un trou de 5 mm pour passer l'anneau.

Prévoyez une heure sans interruption. Les dix premières minutes sont les plus importantes : ne les sautez pas.

Minutes 0 à 10 : apprivoiser le plan de travail

En créant un nouveau design, vous arrivez devant une grille bleue : c'est le plan de travail, le « sol » sur lequel vous posez vos formes. Chaque carreau de la grille représente une longueur réelle, en millimètres par défaut. Vérifiez-le en bas à droite de l'écran : l'unité doit être le millimètre, sinon changez-la tout de suite. Un objet dessiné en pouces sortira 25,4 fois plus grand que prévu, et ce n'est pas qu'une plaisanterie d'atelier.

Prenez cinq minutes pour la navigation :

  • Tourner autour : clic droit maintenu et déplacement de la souris.
  • Zoomer : la molette.
  • Se déplacer : molette enfoncée (ou Maj + clic droit) et déplacement.
  • Revenir à une vue standard : le petit cube de vue en haut à gauche. Cliquez sur ses faces pour voir l'objet de face, de dessus ou de côté.

Enfin, repérez le réglage d'accrochage à la grille, en bas à droite. Il définit le pas de déplacement des objets. Laissez-le à 1 mm pour l'instant : vos formes se caleront sur des valeurs rondes, ce qui simplifie tout.

Minutes 10 à 25 : la plaque, première forme, premières cotes

Dans le panneau de droite, faites glisser une boîte sur le plan de travail. Cliquez dessus : des poignées apparaissent aux coins et au sommet.

  1. Donnez les dimensions exactes. Ne tirez pas les poignées à l'œil : cliquez sur une poignée de coin, et des champs de dimension apparaissent. Tapez 50 pour la longueur, 20 pour la largeur. Cliquez sur la poignée du haut et tapez 4 pour la hauteur.
  2. Arrondissez les coins. Dans la fenêtre de propriétés de la boîte (en haut à droite quand elle est sélectionnée), le paramètre de rayon arrondit les arêtes. Une valeur de 1 ou 2 mm donne un toucher agréable. Regardez le résultat sous plusieurs angles : si les bords du dessus s'arrondissent aussi et que cela vous gêne pour poser le texte, une astuce consiste à assembler un rectangle et quatre cylindres aux coins, qui donnent des coins ronds et un dessus parfaitement plat.
  3. Vérifiez que la plaque est posée. Elle doit toucher le plan de travail. C'est normalement le cas pour une forme qu'on vient de déposer.

Vous venez d'apprendre le geste le plus important de Tinkercad : taper des cotes au lieu de tirer des poignées. C'est ce qui fait la différence entre un objet « à peu près » et un objet qui s'emboîte.

Minutes 25 à 40 : le prénom en relief

Faites glisser la forme Texte sur le plan de travail et tapez le prénom dans ses propriétés. Puis :

  1. Choisissez une police épaisse. Les polices fines et élégantes sont les pires ennemies de l'impression : un trait de lettre plus fin que la largeur de la buse ne s'imprime tout simplement pas. Préférez une police grasse, sans empattements. Notre règle à l'atelier : pas de trait inférieur à 1 mm environ pour un texte en relief imprimé en filament.
  2. Réglez la hauteur du texte à 2 mm (c'est l'épaisseur du relief), et ajustez sa longueur pour qu'il tienne dans la plaque en laissant une marge de 3 à 4 mm de chaque côté.
  3. Posez le texte sur la plaque. Le texte est posé sur le plan de travail, donc au même niveau que le bas de la plaque. Il faut le monter de 4 mm. Sélectionnez-le et utilisez la petite flèche noire au-dessus de l'objet pour le soulever, ou tapez directement la valeur d'élévation. Autre méthode élégante : l'outil plan de travail (en haut à droite), que l'on dépose sur le dessus de la plaque ; toute nouvelle forme se posera alors sur cette face.
  4. Centrez le texte. Sélectionnez la plaque et le texte ensemble (cadre de sélection ou Maj + clic), puis l'outil Aligner (raccourci L). Des points apparaissent autour de la sélection : cliquez sur les points du milieu pour centrer le texte dans la longueur et dans la largeur.

Les couleurs ne s'impriment pas. Tinkercad colore chaque forme, mais un fichier STL ne contient que la géométrie. Le texte rouge sur plaque bleue de votre écran sortira d'une seule couleur, celle du filament. Pour un rendu bicolore, il faut une impression multimatière, ou un peu de peinture.

Minutes 40 à 50 : percer le trou de l'anneau

C'est le moment de découvrir les formes « trou ».

  1. Faites glisser un cylindre sur le plan de travail et donnez-lui 5 mm de diamètre (tapez 5 en longueur et en largeur). Sa hauteur doit dépasser l'épaisseur de la plaque : 10 mm, par exemple, pour être sûr qu'il traverse de part en part.
  2. Dans ses propriétés, cliquez sur Trou. Le cylindre devient gris et translucide.
  3. Placez-le à l'une des extrémités de la plaque, en laissant au moins 3 mm de matière entre le bord du trou et le bord de la plaque. Moins, et l'anneau finira par arracher cette languette.
  4. Vérifiez que le trou ne mord pas sur une lettre du prénom. Décalez le texte si besoin.
  5. Sélectionnez tout (Ctrl + A), puis Grouper (Ctrl + G). Le trou disparaît en perçant la plaque, et l'ensemble prend une seule couleur.

Tant que ce n'est pas groupé, le trou n'existe pas vraiment. C'est l'erreur la plus fréquente chez les débutants : un fichier exporté avec un cylindre « trou » non groupé donne une plaque pleine.

Minutes 50 à 60 : vérifier, puis exporter

Avant d'exporter, trois vérifications de deux minutes chacune.

  • Les cotes. L'outil Règle (en haut à droite), posé sur le plan de travail, affiche les dimensions de l'objet sélectionné. Vous devez lire 50 × 20 mm, et 6 mm de haut au total (4 de plaque, 2 de texte).
  • Le contact au sol. Regardez l'objet de côté : il doit reposer à plat sur le plan de travail, sans flotter au-dessus ni s'y enfoncer.
  • Les détails fragiles. Zoomez sur les lettres : un point de « i » isolé ou un accent minuscule risquent de se décoller. Grossissez-les ou fusionnez-les avec la lettre.

Puis cliquez sur Exporter et choisissez le format STL, le plus universel pour l'impression (Tinkercad propose aussi l'OBJ). Donnez au fichier un nom clair. Notre article sur les formats de fichiers 3D explique ce que contient un STL, et pourquoi il suffit pour un objet comme celui-ci.

Voilà, votre premier objet imprimable existe. Imprimé en PLA, il demande une impression courte, sans supports.

Votre porte-clés est prêt, ou vous avez dessiné autre chose ? Envoyez-nous le fichier STL : on vérifie qu'il est imprimable et on vous renvoie un devis gratuit sous 24 h ouvrées.

Envoyer mon fichier à imprimer

Les erreurs de débutant qu'on voit passer

En recevant des fichiers dessinés dans Tinkercad, on retrouve souvent les mêmes petits défauts. Aucun n'est grave, tous se corrigent en une minute.

Des objets qui flottent

Une forme soulevée d'un dixième de millimètre au-dessus du plan de travail n'est pas posée sur le plateau de l'imprimante. La touche D (« déposer ») ramène l'objet sélectionné sur le plan de travail.

Des formes qui se touchent sans se chevaucher

Deux formes collées bord à bord, sans aucun recouvrement, peuvent être interprétées comme deux objets séparés. Faites-les toujours légèrement pénétrer l'une dans l'autre, puis groupez.

Des parois trop fines

Une paroi de 0,5 mm peut paraître raisonnable à l'écran ; à l'impression, elle sera fragile, voire absente. Pour un objet manipulé, visez au moins 1,5 à 2 mm. Notre article sur la solidité des pièces imprimées explique le rôle des parois.

Des emboîtements dessinés à la cote exacte

Un couvercle de 40 mm pour une boîte de 40 mm ne rentrera pas. Il faut prévoir un jeu, dont la bonne valeur est détaillée dans notre article sur les jeux et emboîtements.

Des détails plus petits que la buse

Une buse d'imprimante à filament courante mesure 0,4 mm. Tout détail plus fin sera au mieux approximatif. Pour de très petits détails, l'impression en résine fait beaucoup mieux.

Refaire le même exercice avec d'autres objets

Une fois le porte-clés maîtrisé, les mêmes gestes suffisent pour une foule de petits objets utiles. Quelques idées pour vous entraîner, du plus simple au plus exigeant :

  • Une étiquette pour plante : une plaque en pointe et un nom en relief. C'est le porte-clés, sans le trou.
  • Un séparateur de tiroir : des boîtes fines assemblées en grille, aux dimensions de votre tiroir mesuré au mètre ruban.
  • Un support de téléphone : trois boîtes inclinées, et le premier vrai calcul d'angle.
  • Un tampon de cookie ou un emporte-pièce ? Attention : un objet destiné au contact alimentaire pose des questions de matière et d'hygiène qui dépassent la modélisation. Tenez-vous-en aux objets décoratifs pour commencer.

Pour des idées de cadeaux à dessiner vous-même, notre sélection d'idées de cadeaux personnalisés donne des pistes réalistes. Et si vous préférez partir d'un modèle existant pour le modifier, vérifiez sa licence : notre article sur les fichiers 3D gratuits et leurs licences explique ce qui est permis.

Là où Tinkercad s'arrête

Tinkercad est un excellent outil pour apprendre et pour les objets simples. Il atteint ses limites dès que :

  • la pièce comporte des formes courbes complexes ou des congés précis ;
  • vous devez modifier souvent une cote et voir tout le reste s'adapter (Tinkercad n'a pas d'historique paramétrique) ;
  • la pièce est technique : engrenage, filetage, pièce qui doit s'emboîter dans un appareil.

Pour ces cas-là, il faut passer à un logiciel de CAO paramétrique, ou confier le dessin. La conception sur mesure démarre à 35 € chez nous, et une petite pièce imprimée coûte en général entre 8 et 20 € ; les détails sont sur notre page tarifs. Et si vous voulez simplement un avis sur votre fichier avant de vous lancer, posez-nous la question.

Tinkercad est aussi un bel outil pédagogique pour une classe ou un club, avec des fonctions pensées pour les enseignants. Notre guide sur l'impression 3D à l'école et en association explique comment organiser un tel projet.

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