Chouette.3D

Jeux de société : inserts, pions de remplacement et accessoires en 3D

Une boîte qui ferme, une mise en place en deux minutes, le pion perdu remplacé : la méthode pas à pas pour faire imprimer un insert de jeu ou des accessoires, et ses limites.

Par l'atelier Chouette

Jeux de société : inserts, pions de remplacement et accessoires en 3D

Vous connaissez la scène. Le couvercle ne ferme plus tout à fait, une pile de sachets zippés glisse dès qu'on penche la boîte, et les vingt premières minutes de la soirée passent à trier des jetons pendant que les invités grignotent les chips prévues pour la partie. Un insert de rangement bien pensé règle ce problème une bonne fois : chaque élément a sa place, la mise en place se fait en quelques gestes, et le rangement aussi.

L'impression 3D est très bonne pour ça, et pour deux autres besoins voisins : remplacer un pion perdu, et fabriquer les petits accessoires qui rendent un jeu plus agréable. Ce guide suit l'ordre dans lequel nous travaillons nous-mêmes, du premier coup d'œil dans la boîte jusqu'à la pièce finie. Vous saurez aussi quand l'impression 3D n'est pas la bonne réponse, parce que ça arrive.

Étape 1 : se demander si ce jeu mérite vraiment un insert

Un insert imprimé coûte du temps de conception et plusieurs heures de machine. Il n'a de sens que pour un jeu que vous sortez souvent, ou dont la mise en place vous décourage de le sortir. Trois questions suffisent à trancher :

  • Combien de types de composants ? Un jeu de cartes avec un seul paquet n'a besoin de rien. Un jeu à ressources, cartes, tuiles et figurines, oui.
  • La boîte voyage-t-elle ? Si elle part en vacances ou chez des amis, un insert avec couvercles évite de tout retrouver mélangé à l'arrivée. Si elle ne quitte jamais l'étagère, des bacs ouverts suffisent.
  • Les bacs peuvent-ils servir pendant la partie ? C'est le vrai gain. Un bac de ressources que l'on pose directement sur la table, un plateau par joueur qui contient déjà son matériel : la mise en place tombe de moitié.

Pour être honnête, il existe d'autres solutions, parfois meilleures selon le cas. Des fabricants spécialisés vendent des inserts prêts à monter pour les jeux les plus populaires : Folded Space découpe les siens dans une mousse EVA de 5 mm contrecollée de carton imprimé, légère et silencieuse, et The Broken Token propose des organiseurs en contreplaqué de bouleau à assembler. Si votre jeu figure à leur catalogue et que le poids ne vous gêne pas, c'est souvent plus simple. Et pour un jeu que vous sortez deux fois par an, quelques boîtes de pêche du commerce feront très bien l'affaire.

L'impression 3D prend l'avantage quand le jeu n'est pas couvert par ces fabricants, quand vous avez ajouté des extensions qui changent la donne, ou quand vous voulez des bacs à la forme exacte de vos composants.

Étape 2 : faire l'inventaire, puis mesurer ce qui compte

Videz la boîte sur la table et regroupez tout par famille : cartes (par paquet), jetons (par type), tuiles, figurines, plateaux, livret de règles. Comptez. Cet inventaire est le cahier des charges de l'insert, et c'est lui qui évite la mauvaise surprise du bac trop petit pour la dernière extension.

Ensuite, sortez un pied à coulisse. Une règle ne suffit pas : un millimètre d'erreur sur la largeur intérieure, et l'insert ne rentre pas. Voici les mesures à relever :

  1. Largeur et longueur intérieures de la boîte, prises au fond et en haut (les parois ne sont pas toujours parfaitement droites).
  2. Hauteur utile : profondeur de la boîte, moins l'épaisseur du plateau plié et du livret de règles, que l'on pose presque toujours par-dessus l'insert.
  3. Dimensions des cartes, protégées ou non. Beaucoup de jeux utilisent le format 63,5 × 88 mm ; une fois glissées dans des protège-cartes, elles mesurent environ 66 × 91 mm selon le fabricant Mayday. Mesurez l'épaisseur d'un paquet de 50 cartes plutôt que de la calculer : elle varie beaucoup selon l'épaisseur des protège-cartes.
  4. Le plus gros de chaque type : la figurine la plus haute, la tuile la plus large, le jeton le plus épais.

Notre article sur la bonne façon de mesurer une pièce avant de la refaire détaille l'usage du pied à coulisse ; les mêmes réflexes valent ici.

Le piège des extensions Si vous prévoyez d'acheter une extension, dites-le avant la conception. Rajouter 40 cartes après coup oblige souvent à refaire le bac, alors qu'un emplacement prévu dès le départ ne coûte presque rien.

Étape 3 : choisir une architecture, pas seulement des cases

Un bon insert ne se contente pas de remplir la boîte. Il organise la partie. Avant de dessiner le moindre compartiment, décidez de la logique d'ensemble.

ArchitecturePour quel jeuPoint de vigilance
Bacs par joueurJeux où chacun a le même matériel (pions, cartes de départ, marqueurs)Prévoir la couleur ou un repère sur chaque bac
Bacs par ressourceJeux de gestion avec une réserve communeFond arrondi pour attraper les jetons du bout du doigt
Rangement verticalBoîtes stockées debout sur l'étagèreCouvercles clipsés ou aimantés, sinon tout tombe
Rangement horizontalBoîtes toujours à platPlus simple, couvercles facultatifs
Bacs « de jeu »Jeux où la mise en place est longueLes bacs doivent être stables et beaux, ils restent sur la table

Prenons un exemple : imaginons un jeu de gestion pour quatre personnes, avec cinq types de ressources et un paquet de 120 cartes protégées. Une organisation efficace, c'est quatre bacs joueurs à couvercle, un grand bac de ressources à compartiments arrondis qui sort tel quel sur la table, et un porte-cartes calibré pour les cartes protégées, le tout calé pour que le plateau et les règles reposent à plat au-dessus. Rien ne bouge quand la boîte est debout.

Vérifiez aussi la question du couvercle de la boîte. Sur un jeu qui ferme déjà mal, l'insert doit laisser 1 à 2 mm de marge sous le couvercle, pas davantage, pour éviter que tout glisse, mais pas moins, sinon la boîte gonfle.

Étape 4 : partir d'un fichier existant, d'un générateur ou d'une conception

Trois chemins possibles, du plus rapide au plus sur mesure.

Un modèle déjà publié

Pour les jeux connus, des passionnés ont souvent publié un insert complet sur les plateformes de partage. C'est gratuit, mais lisez la licence et les commentaires : un modèle conçu pour la première édition peut ne plus convenir à la réédition, et beaucoup supposent des cartes sans protège-cartes. Les règles de réutilisation sont détaillées dans notre article sur les fichiers 3D gratuits et leurs licences. Envoyez-nous de préférence le fichier d'origine (STL ou 3MF) plutôt qu'une capture d'écran ; ce guide des formats explique pourquoi.

Un générateur paramétrique

Si vous aimez bricoler, l'outil libre The Boardgame Insert Toolkit, une bibliothèque pour le logiciel OpenSCAD, permet de décrire ses boîtes dans un fichier de réglages (dimensions, compartiments, couvercles) sans programmer vraiment. Vous obtenez un fichier imprimable, que nous pouvons vérifier et imprimer.

Une conception sur mesure

C'est la voie quand le jeu est rare, quand vous avez mélangé plusieurs extensions, ou quand vous voulez des bacs très spécifiques. Vous nous envoyez l'inventaire, les mesures et, idéalement, une photo de tout le matériel étalé à côté d'une règle. La conception démarre à 35 € TTC, et le coût réel dépend du nombre de bacs différents à dessiner : quatre bacs joueurs identiques représentent un seul dessin.

Étape 5 : les bons réglages pour un insert qui dure

Un insert n'est pas une pièce mécanique. Il doit être léger, précis et agréable au toucher. C'est pourquoi on l'imprime en PLA dans l'immense majorité des cas : il est rigide, précis, disponible dans beaucoup de couleurs, et une boîte de jeu ne voit ni chaleur ni soleil. Une seule exception : si la boîte passe l'été dans un coffre de voiture, le PLA peut se déformer, et le PETG devient plus sûr. Notre article sur les pièces imprimées dans une voiture en été donne les ordres de grandeur.

Les réglages qui font la différence :

  • Parois fines, remplissage faible. Des parois de 1,2 à 1,6 mm suffisent pour un bac. Un remplissage élevé n'apporte rien, sinon du poids et des heures de machine.
  • Tolérances de couvercle. Un couvercle coulissant ou clipsé demande un jeu de quelques dixièmes de millimètre, à ajuster selon la machine. Nous en parlons en détail dans notre guide sur les emboîtements.
  • Fonds arrondis pour les petits jetons, qu'on récupère alors d'un glissement de doigt au lieu de les pincer un par un.
  • Encoches sur les côtés des porte-cartes, pour attraper le paquet sans tout renverser.

Si vous tenez à des couvercles aimantés pour une boîte rangée debout, on insère de petits aimants dans des logements prévus à la conception. Ils sont pratiques, mais à réserver aux foyers sans jeunes enfants : Santé Canada rappelle que l'ingestion de plusieurs petits aimants puissants peut perforer l'intestin. Un clip bien dessiné fait presque aussi bien, sans ce risque.

Remplacer un pion perdu sans dénaturer le jeu

Le jeton disparu sous le canapé, le pion mâchouillé par le chien, la tuile écornée : c'est la demande la plus fréquente dans ce domaine, et souvent la plus simple. Quelques repères avant de commander.

Filament ou résine ?

Un pion géométrique (cube, disque, cylindre, pion en forme de personnage stylisé) se refait très bien en filament, dans une couleur proche de l'original. Une figurine détaillée, un visage, un monstre avec des griffes fines, demandent de la résine : la finesse de détail n'a rien à voir. Une figurine résine se situe entre 15 et 45 € TTC dans notre grille, une petite pièce en filament entre 8 et 20 €. Notre dossier sur les figurines en résine explique les échelles et les finitions possibles.

La couleur exacte

Soyons francs : retrouver la teinte précise d'un pion en bois peint ou d'un plastique moulé est rarement parfait. On s'en approche avec les filaments disponibles, ou on imprime en blanc ou gris pour que vous peigniez vous-même. Si vous remplacez un pion sur quatre, une légère différence se verra ; si vous refaites toute une couleur de joueur, personne ne s'en rendra compte.

Ce que l'on ne fait pas

Remplacer un élément perdu d'un jeu que vous possédez, pour votre usage, ne pose pas de problème. Reproduire en série les figurines d'un éditeur pour les revendre, ou fabriquer une copie complète d'un jeu, si. Nous refusons ce type de demande.

Autre limite : les jeux destinés aux tout-petits. Un pion de remplacement est un petit élément, et la réglementation interdit ce genre de pièce dans les jouets pour les moins de 36 mois, comme le rappelle la DGCCRF dans sa fiche sur la sécurité des jouets. Nous n'imprimons pas de pièces destinées aux jeux de bébés ; pour les autres jouets, lisez notre article sur la réparation des jouets.

Un pion manquant, un insert à imaginer pour votre jeu préféré ? Envoyez-nous une photo du matériel et les mesures de la boîte : le devis est gratuit, réponse sous 24 h ouvrées.

Demander un devis pour votre jeu

Les accessoires qui changent vraiment une soirée de jeu

Au-delà du rangement, quelques petits objets rendent les parties plus fluides. Certains sont franchement utiles, d'autres surtout décoratifs ; voici notre tri.

  • Porte-cartes pour enfants ou mains fatiguées. Une réglette où l'on glisse ses cartes debout. Très utile pour les jeunes joueurs et pour les personnes qui ont du mal à tenir un éventail de cartes. Simple, peu coûteux, on l'imprime en PLA.
  • Tour à dés. On lâche le dé en haut, il ressort en bas après quelques rebonds. Fini les dés qui roulent sous la table et les lancers contestés. Plus volumineuse, elle demande plusieurs heures d'impression.
  • Plateaux joueurs à emplacements. Des supports en relief où chaque cube ou marqueur a son logement : plus de ressources qui glissent quand on bouscule la table.
  • Marqueur de premier joueur personnalisé. Purement pour le plaisir, et un joli cadeau pour un amateur.
  • Distributeur de cartes ou de jetons pour les jeux où une pioche commune est constamment sollicitée.

Pour les pièces en plusieurs couleurs (un logo sur un couvercle, par exemple), sachez que le multicolore rallonge le temps d'impression. Mieux vaut souvent une pièce d'une seule couleur avec un motif en relief, que l'on peut rehausser au pinceau.

Les erreurs qui transforment un bel insert en casse-tête

La plupart des déceptions viennent de quelques oublis toujours les mêmes.

  • Oublier les protège-cartes. Des cartes protégées sont plus larges et nettement plus épaisses : un porte-cartes calculé sans eux sera trop juste.
  • Tout remplir jusqu'au bord. Un compartiment plein à ras rend les jetons difficiles à sortir. Prévoyez une petite marge de hauteur.
  • Négliger le plateau. Un insert parfait qui empêche de poser le plateau à plat, c'est un plateau qui se gondole en quelques mois.
  • Surdimensionner. Des parois épaisses et un remplissage à 50 % doublent le poids de la boîte et le temps de machine, sans aucun bénéfice.
  • Vouloir tout imprimer d'un coup. Commencer par un seul bac test, le poser dans la boîte, vérifier, puis lancer le reste. Sur un insert de six ou huit pièces, cette précaution évite de réimprimer l'ensemble.

Budget et délai : à quoi s'attendre

Un pion ou un petit accessoire entre dans la catégorie « petite pièce », de 8 à 20 € TTC. Une figurine détaillée en résine, de 15 à 45 €. Un insert complet est une autre affaire : plusieurs bacs, parfois beaucoup d'heures de machine, et souvent une conception. Il fait l'objet d'un devis précis, après que nous avons vu l'inventaire et les mesures. Les grands principes de notre tarification sont expliqués sur la page tarifs.

Côté délai, comptez environ 2 à 3 jours pour une impression simple d'après un fichier existant, et une semaine environ lorsqu'il faut concevoir. La soirée jeux prévue samedi ? Prévenez-nous tôt.

Vous pouvez retirer vos pièces gratuitement à l'atelier, à Dijon, sur rendez-vous, ou vous les faire livrer autour de Dijon pour 5 €, ou envoyer en France à partir de 7 €. Pour démarrer, une simple demande en ligne avec une photo de votre boîte ouverte suffit.

Une pièce à refaire ?

Envoyer une photo →

À lire aussi