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Vocabulaire de l'impression 3D : les mots à connaître, étape par étape

STL, trancheur, périmètres, surplomb, MSLA, tolérance, insert laiton : le vocabulaire de l'impression 3D expliqué en suivant le parcours d'une pièce, du fichier à la finition.

Par l'atelier Chouette

Vocabulaire de l'impression 3D : les mots à connaître, étape par étape

Trancheur, périmètres, surplomb, 3MF, post-polymérisation… L'impression 3D a son jargon, et il suffit d'un devis ou d'un tutoriel pour s'y perdre. Bonne nouvelle : une trentaine de mots suffisent pour tout comprendre, et ils s'enchaînent dans un ordre logique.

Plutôt qu'un lexique alphabétique, nous vous proposons de suivre le parcours d'une pièce, du fichier jusqu'à l'objet fini. À chaque étape, les mots qu'on y croise, ce qu'ils veulent dire, et surtout pourquoi ils comptent pour vous quand vous commandez une impression.

Première étape : le fichier, là où tout commence

CAO, modèle, maillage

La CAO (conception assistée par ordinateur) désigne le fait de dessiner un objet en trois dimensions sur logiciel. Le résultat s'appelle un modèle 3D. Il existe deux grandes familles de modèles :

  • Le modèle « exact », décrit par des cotes et des formes géométriques pures : un cylindre de 20 mm, un trou de 5 mm, un arrondi de 2 mm. C'est la façon de travailler des bureaux d'études et celle que nous utilisons pour refaire une pièce technique.
  • Le maillage, qui décrit la surface de l'objet par une multitude de petits triangles, comme une boule à facettes très fine. C'est le format de la sculpture numérique, des figurines, des scans.

Pourquoi cela compte : un maillage est facile à imprimer mais difficile à modifier proprement. Si vous voulez qu'on change une cote sur une pièce technique, le modèle exact fait gagner beaucoup de temps.

STL, 3MF, STEP : les trois extensions à connaître

STL est le format historique de l'impression 3D. Il a été créé par Chuck Hull, l'inventeur de la stéréolithographie, qui a déposé son brevet en 1984. Un STL ne contient qu'un maillage de triangles : ni couleur, ni matière, ni même d'unité de mesure. C'est pour cela qu'un fichier STL arrive parfois dix fois trop petit : le logiciel a lu des centimètres là où l'auteur avait dessiné en millimètres.

3MF est son successeur moderne. Porté par un consortium d'industriels, il est devenu en 2025 une norme internationale, ISO/IEC 25422:2025. Il peut embarquer les couleurs, les matières et les paramètres d'impression dans un seul fichier.

STEP est le format d'échange des modèles exacts entre logiciels de CAO. C'est le plus utile quand une pièce doit être retouchée.

Si vous avez le choix, envoyez-nous le STEP pour une pièce technique et le 3MF ou le STL pour une figurine. Notre article sur les formats STL, 3MF, STEP et OBJ entre dans le détail.

Fichier « étanche »

On dit d'un maillage qu'il est étanche (ou manifold, en anglais) quand sa surface est complètement fermée, sans trou ni face en double. Un modèle qui n'est pas étanche peut donner des couches manquantes ou des erreurs au moment de le préparer. Le format 3MF impose d'ailleurs cette fermeture dans sa spécification. Rassurez-vous : vérifier et réparer un fichier fait partie de notre travail.

Deuxième étape : la préparation dans le trancheur

Trancheur et G-code

L'imprimante ne comprend pas un modèle 3D. Il faut le découper en fines tranches horizontales et calculer, pour chacune, le trajet de la buse ou l'image à projeter. C'est le rôle du trancheur (slicer en anglais). Pour une imprimante à filament, il produit un fichier d'instructions appelé G-code : « va à tel point, dépose autant de matière, monte d'un cran ».

C'est dans le trancheur que se jouent la plupart des réglages qui suivent. Deux imprimantes identiques peuvent produire des pièces très différentes selon la façon dont le fichier a été préparé.

Hauteur de couche

C'est l'épaisseur de chaque tranche. Sur une imprimante à filament, elle se situe en général entre 0,1 et 0,3 mm. Prusa Research explique que la hauteur de couche est le premier facteur qui joue sur la durée d'impression et sur la finesse verticale, et qu'elle ne doit pas dépasser environ 80 % du diamètre de la buse, soit à peu près 0,32 mm avec la buse courante de 0,4 mm.

Pourquoi cela compte : des couches fines rendent les courbes plus douces, mais doublent ou triplent le temps d'impression. Pour une pièce technique cachée dans un appareil, inutile de payer ce temps.

Périmètres, couches pleines, remplissage

Une pièce imprimée n'est presque jamais pleine. Elle se compose de trois éléments :

  • Les périmètres : les contours, c'est-à-dire les parois. Chaque périmètre correspond à un passage de la buse, d'environ 0,45 mm de large avec une buse de 0,4 mm.
  • Les couches pleines du dessus et du dessous, qui ferment la pièce.
  • Le remplissage : une structure intérieure en grille, en nid d'abeilles ou en ondulations, exprimée en pourcentage.

Le point que presque tout le monde ignore : selon Prusa Research, la solidité dépend surtout des périmètres, pas du remplissage. La plupart des modèles s'impriment avec 10 à 15 % de remplissage, et on dépasse rarement 30 %. Pour une pièce qui doit encaisser, on ajoute des parois plutôt que de la remplir. Notre article sur ce qui rend une pièce imprimée solide détaille ces arbitrages.

Orientation

C'est la façon dont la pièce est posée sur le plateau. Elle a l'air anodine, elle est décisive : une pièce imprimée résiste moins bien aux efforts qui tendent à séparer ses couches. On oriente donc la pièce selon l'effort qu'elle subira, puis selon l'aspect et le nombre de supports.

Surplomb, pont, supports

L'imprimante dépose chaque couche sur la précédente. Tant que la paroi penche un peu, la matière trouve un appui. Au-delà d'un certain angle, elle tombe dans le vide : c'est un surplomb. Selon Prusa Research, une imprimante à filament imprime proprement des surplombs entre 45 et 60 degrés.

Un pont est une ligne tendue entre deux appuis, comme le haut d'une fenêtre : court, il s'imprime sans aide. Au-delà, on ajoute des supports, des échafaudages provisoires qu'on retire après impression. Ils laissent des traces sur la surface qu'ils touchaient, ce qui explique qu'on préfère souvent orienter la pièce pour les éviter.

Bordure et radeau

Une bordure (brim) est une collerette de matière autour de la première couche, qui aide la pièce à rester collée au plateau. Un radeau (raft) est une plateforme complète imprimée sous la pièce. Les deux se retirent à la fin. Ils servent à combattre le gauchissement (warping) : en refroidissant, certaines matières se rétractent et les coins se soulèvent.

Troisième étape : la machine, filament ou résine

FDM, FFF : deux noms pour la même chose

L'impression par dépôt de filament fondu consiste à pousser un fil de plastique dans une buse chauffée, qui le dépose en cordon. On l'appelle souvent FDM, mais ce terme est une marque : Stratasys en détient toujours les droits. Les membres du projet ouvert RepRap ont donc forgé le terme FFF (fused filament fabrication) pour pouvoir le désigner librement. Dans la pratique, les deux désignent le même procédé.

Le vocabulaire associé : la buse (le petit embout chauffé, souvent de 0,4 mm de diamètre), l'extrudeur (le mécanisme qui pousse le filament), le plateau (la surface sur laquelle la pièce se construit, souvent chauffée).

Résine MSLA : la lumière qui durcit une couche entière

L'impression résine part d'un liquide, une résine photosensible, qui durcit sous la lumière ultraviolette. Dans une imprimante MSLA (stéréolithographie masquée), des LED éclairent la résine à travers un écran LCD qui sert de masque : seule la forme de la couche laisse passer la lumière. Formlabs, fabricant de ce type de machines, souligne que ce principe permet de durcir une couche entière d'un coup, au lieu de la dessiner point par point au laser.

Pourquoi cela compte : la résine reproduit des détails beaucoup plus fins que le filament, d'où son usage pour les figurines, les bijoux et les petites pièces de précision. En contrepartie, les pièces demandent plus de post-traitement, et certaines résines sont plus cassantes.

Lavage et post-polymérisation

Une pièce en résine sort de la machine collante de résine liquide. On la lave, à l'alcool isopropylique ou à l'eau selon la résine, puis on la place sous une lampe UV pour achever son durcissement : c'est la post-polymérisation. Ces étapes ne sont pas un détail. Prusa Research demande de porter des gants et de ventiler la pièce quand on manipule de la résine, car certaines personnes y développent des allergies. Une pièce bien lavée et entièrement durcie se manipule ensuite normalement.

Quatrième étape : les matières

Quatre filaments et trois familles de résines couvrent l'essentiel de nos commandes :

MatièreEn une phraseÀ éviter
PLARigide, précis, d'origine végétale, idéal pour l'intérieurLa chaleur : il se déforme au-delà de 60 °C
PETGPlus tenace, plie avant de casser, supporte l'humiditéLes détails très fins
ASATient le soleil et la chaleur, pour l'extérieur et la voitureLes pièces décoratives où le PLA suffit
TPUSouple comme du caoutchouc, pour joints et amortisseursLes pièces qui doivent rester rigides
Résine standardDétails très fins, surface lisseLes chocs et les efforts
Résine résistanteMieux adaptée aux pièces qui travaillentLes très grands volumes
Résine lavable à l'eauNettoyage à l'eau au lieu de l'alcoolLes usages exigeants mécaniquement

Un mot revient souvent avec le TPU : la dureté Shore. C'est une échelle de souplesse ; les TPU d'impression se situent généralement entre 60A et 90A, du très souple au ferme. Pour les résines, notre article standard, résistante ou lavable à l'eau compare les trois familles.

Cinquième étape : mesurer et assembler

Pied à coulisse

C'est l'outil de mesure de base pour refaire une pièce : deux mâchoires qui coulissent et affichent la cote, souvent au centième de millimètre sur les modèles numériques. Attention, la précision de l'affichage n'est pas celle de la mesure : une mâchoire mal appuyée ou une pièce déformée faussent vite le résultat.

Tolérance et jeu

La tolérance est l'écart acceptable entre la cote voulue et la cote obtenue. Le jeu est l'espace volontairement laissé entre deux pièces pour qu'elles s'emboîtent ou coulissent. Une pièce imprimée n'est pas exactement à la cote dessinée : pour des pièces mobiles, Prusa Research recommande de partir d'un jeu d'au moins 0,3 mm. C'est l'explication la plus fréquente d'un couvercle qui force ou d'un clip qui ne rentre pas. Tout est expliqué dans jeux et emboîtements.

Retrait

Beaucoup de matières se contractent légèrement en refroidissant ou en durcissant. Ce retrait est faible, mais sur une grande pièce ou un trou précis, il se compense au dessin ou au réglage.

Insert laiton

Un filetage imprimé directement dans le plastique s'use vite si l'on visse et dévisse souvent. La solution consiste à enfoncer à chaud un petit insert en laiton, fileté à l'intérieur, dans un trou prévu à cet effet. On obtient un pas de vis métallique, démontable à volonté. Notre article sur les vis, filetages et inserts en laiton montre quand l'utiliser.

Dernière étape : la finition, et les mots qui l'entourent

Le post-traitement regroupe tout ce qui se passe après l'impression : retrait des supports, ponçage, application d'un apprêt (une sous-couche qui bouche les stries et accroche la peinture), peinture, vernis. C'est souvent la partie la plus longue d'une belle finition, et celle qui fait varier le prix d'une figurine.

Deux derniers termes, pour ceux qui n'ont pas de fichier : la numérisation 3D consiste à capter la forme d'un objet existant, soit avec un scanner, soit par photogrammétrie, qui reconstruit un modèle à partir de nombreuses photos prises tout autour. Utile pour une forme organique, beaucoup moins pour une pièce technique à cotes précises. Nous avons fait le point sur la photogrammétrie au smartphone et ce qu'on peut vraiment en attendre.

Le bon vocabulaire pour une bonne demande

Vous n'avez pas besoin de maîtriser tous ces mots pour nous commander une pièce. En revanche, quelques informations nous font gagner un temps précieux, et vous avez maintenant les mots pour les donner :

  • l'usage de la pièce et l'effort qu'elle subira (pour choisir la matière et l'orientation) ;
  • la température ou l'exposition au soleil (PLA, PETG ou ASA) ;
  • ce avec quoi elle s'emboîte (pour régler le jeu) ;
  • si elle doit être vissée et dévissée souvent (pour prévoir un insert) ;
  • le fichier dont vous disposez, STEP, 3MF ou STL, ou à défaut des photos et des mesures.

Un projet en tête, avec ou sans fichier ? Décrivez-le avec vos mots : nous traduisons en réglages, et vous recevez un devis gratuit sous 24 h ouvrées.

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Et si un terme de notre devis vous échappe encore, demandez-nous. Nous préférons expliquer une fois de plus plutôt que vous laisser signer un prix que vous ne comprenez pas. La grille indicative est aussi visible sur notre page d'accueil, à la rubrique tarifs.

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