Glossaire
68 mots de l'impression 3D, expliqués sans jargon.
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- 3MFIntermédiaire
Format de fichier moderne pour l’impression 3D qui regroupe dans un seul paquet la géométrie, les unités, les couleurs et souvent les réglages d’impression.
Le 3MF (3D Manufacturing Format) a été conçu par un consortium d’industriels pour dépasser les limites du STL. Un fichier 3MF est une archive qui peut contenir plusieurs objets, leurs positions sur le plateau, les unités de mesure, les couleurs et les matériaux.
Les trancheurs actuels l’utilisent aussi pour enregistrer un projet complet : réglages de couches, supports personnalisés, peinture multicolore… C’est pratique pour reproduire à l’identique une impression réussie ou la transmettre à quelqu’un.
Nuance : comme le STL, le 3MF décrit un maillage de triangles et non une géométrie mathématique précise. Il reste donc peu adapté à des modifications de conception, pour lesquelles un fichier STEP ou le fichier CAO d’origine est préférable.
A
- ABSIntermédiaire
Plastique robuste et résistant à la chaleur, celui des briques de construction pour enfants ; il demande toutefois des conditions d’impression maîtrisées.
L’ABS (acrylonitrile butadiène styrène) est un plastique très répandu dans l’industrie : coques d’appareils, pièces automobiles intérieures, jouets. Il est tenace, résiste mieux à la chaleur que le PLA et le PETG, et se ponce ou se colle facilement.
En impression 3D, il sert pour des pièces mécaniques ou des boîtiers amenés à chauffer un peu. Ses surfaces peuvent être lissées aux vapeurs d’acétone, une technique qui demande de sérieuses précautions.
Limites : il se rétracte fortement en refroidissant, d’où des décollements et des fissures entre les couches si l’imprimante n’est pas fermée. Il émet des vapeurs à l’odeur marquée pendant l’impression, ce qui exige une bonne ventilation, et il supporte mal une exposition prolongée aux UV ; l’ASA le remplace alors avantageusement.
- AnisotropieAvancé
Propriété d’un matériau ou d’une pièce dont la résistance varie selon la direction ; les pièces imprimées en FDM sont moins solides entre les couches.
Un matériau isotrope se comporte de la même manière dans toutes les directions, comme une pièce injectée homogène. Une pièce imprimée en FDM, au contraire, est anisotrope : elle est constituée de cordons collés les uns aux autres, et la liaison entre deux couches est généralement son point faible.
En pratique, une pièce tirée ou pliée perpendiculairement à ses couches casse plus facilement qu’une pièce sollicitée dans le sens des cordons. C’est pourquoi l’orientation d’impression est déterminante pour les pièces mécaniques.
L’anisotropie peut être atténuée par une température d’impression adaptée, des parois plus nombreuses ou un matériau offrant une bonne adhésion entre couches. Les procédés résine et SLS y sont généralement moins sensibles que le FDM, sans en être totalement exempts.
- ApprêtIntermédiaire
Première couche de peinture spéciale appliquée avant la peinture de finition, pour faire accrocher la couleur et masquer les petits défauts.
L’apprêt, ou sous-couche (primer en anglais), prépare la surface à recevoir la peinture. Il améliore l’adhérence de la couche finale et uniformise la teinte du support, ce qui évite de devoir multiplier les couches de couleur.
Il existe aussi des apprêts garnissants, plus épais, qui comblent les fines stries de couches. En alternant apprêt et ponçage léger, on peut obtenir une surface très lisse, proche de celle d’une pièce moulée. Il révèle en outre les défauts restants, qu’on repère alors facilement avant la mise en peinture.
Précautions : l’apprêt en bombe s’applique en couches fines, dans un endroit aéré et avec une protection adaptée. Chaque couche doit sécher selon les indications du fabricant, sans quoi la peinture risque de mal tenir ou de cloquer.
- ASAIntermédiaire
Plastique technique proche de l’ABS, conçu pour bien résister aux UV et aux intempéries : c’est un choix de référence pour les pièces d’extérieur.
L’ASA (acrylonitrile styrène acrylate) est un cousin de l’ABS dans lequel une partie de la formule a été remplacée pour mieux résister au rayonnement ultraviolet. Là où d’autres plastiques jaunissent, blanchissent ou deviennent cassants au soleil, l’ASA conserve bien mieux son aspect et ses propriétés.
On le choisit pour les pièces exposées en extérieur : fixations, capots, accessoires de jardin, de vélo ou de véhicule. Il tient également mieux à la chaleur que le PLA et le PETG.
Contreparties : il se rétracte en refroidissant, ce qui favorise le décollement des angles (warping) ; il s’imprime de préférence dans une imprimante fermée et dégage des vapeurs qui imposent une bonne ventilation.
B
- Bonus réparationIntermédiaire
Réduction déduite directement de la facture lorsqu’on fait réparer un appareil hors garantie chez un réparateur labellisé, financée par les éco-organismes.
Mis en place le 15 décembre 2022 dans le cadre de la loi AGEC, le bonus réparation vise à rendre la réparation plus attractive que le rachat. Pour les équipements électriques et électroniques, il est financé par un fonds alimenté par les fabricants et géré par les éco-organismes ecosystem et Ecologic.
Pour en bénéficier, l’appareil doit figurer sur la liste des produits éligibles, être hors garantie, et être réparé par un professionnel labellisé QualiRépar. Le montant, forfaitaire selon le type d’appareil, est déduit directement de la facture ; aucune démarche n’est à faire par le client. Un dispositif comparable existe pour les textiles et les chaussures, avec des réparateurs labellisés par l’éco-organisme Refashion.
Les montants et la liste des produits évoluent : il est préférable de les vérifier auprès des sources officielles au moment de la réparation. Le bonus est réservé aux réparateurs labellisés et ne s’applique pas à une réparation faite soi-même.
- Brim (bordure)Intermédiaire
Fine collerette de plastique imprimée autour de la base d’une pièce pour augmenter sa surface de contact avec le plateau et éviter qu’elle se décolle.
Le brim, ou bordure, est une couronne d’une seule couche d’épaisseur ajoutée par le trancheur autour de la première couche de la pièce. En élargissant l’empreinte au sol, il améliore l’adhérence au plateau d’impression.
Il est particulièrement utile pour les pièces hautes et fines, qui risquent de basculer, et pour les matériaux qui se rétractent en refroidissant, comme l’ABS ou l’ASA, dont les angles ont tendance à se soulever (warping).
Une fois l’impression terminée, la bordure se détache à la main ou au cutter. Elle peut laisser un léger bourrelet à ébavurer. À ne pas confondre avec la jupe (skirt), un simple contour tracé à distance de la pièce pour amorcer l’écoulement de la buse.
- BuseDébutant
Petite pièce métallique percée au bout de la tête d’impression, par laquelle sort le plastique fondu ; son diamètre influence la finesse et la vitesse.
La buse est l’embout de la tête d’une imprimante FDM. Le filament fondu la traverse avant d’être déposé sur la pièce. Son diamètre d’orifice conditionne la largeur des cordons de plastique : une petite buse donne plus de détails, une grande buse imprime plus vite et produit des pièces plus robustes.
Le matériau de la buse compte aussi. Le laiton, courant et bon conducteur de chaleur, s’use vite avec les filaments abrasifs (chargés en fibres de carbone, en verre, ou phosphorescents) ; on lui préfère alors l’acier trempé ou d’autres matériaux durs.
Une buse partiellement bouchée ou usée provoque des défauts : couches incomplètes, cordons irréguliers, sous-extrusion. C’est une pièce d’usure qui se remplace.
C
- CAOIntermédiaire
Conception assistée par ordinateur : dessin de pièces techniques en 3D avec des cotes précises, à l’aide de logiciels spécialisés.
La CAO regroupe les logiciels qui permettent de concevoir des pièces et des assemblages de manière précise, comme le ferait un bureau d’études. On part généralement d’esquisses cotées que l’on extrude, perce, arrondit ou chanfreine.
La plupart des logiciels de CAO sont paramétriques : chaque dimension est une valeur que l’on peut modifier ensuite, et le modèle se met à jour. C’est idéal pour ajuster une tolérance après un premier essai ou décliner une pièce en plusieurs tailles. FreeCAD, Fusion, Onshape, SolidWorks ou Tinkercad pour les débutants en sont des exemples.
La CAO se distingue de la modélisation artistique (sculpture numérique), mieux adaptée aux formes organiques. Pour une pièce qui doit s’emboîter ou se visser, la CAO est presque toujours la bonne approche.
- Contact alimentaireAvancé
Aptitude d’un matériau ou d’un objet à toucher des aliments sans risque pour la santé ; en impression 3D, elle est rarement garantie.
En Europe, les matériaux destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires sont encadrés par le règlement (CE) n° 1935/2004, complété pour les plastiques par le règlement (UE) n° 10/2011. Ils ne doivent pas transmettre aux aliments de substances en quantité dangereuse, ni en altérer le goût ou l’odeur.
En impression 3D, plusieurs difficultés s’ajoutent à la seule composition du filament : les colorants et additifs, la buse (certaines en laiton peuvent contenir du plomb), et surtout les micro-interstices entre les couches, où les bactéries peuvent se loger et résister au lavage.
En pratique, une pièce imprimée peut convenir à un contact bref avec des aliments secs (un emporte-pièce à usage ponctuel, par exemple) si le matériau est déclaré apte, mais elle reste déconseillée pour un usage répété ou avec des aliments humides, gras ou chauds, sauf filière et traitement spécifiquement validés.
- CoteIntermédiaire
Dimension chiffrée indiquée sur un plan ou un modèle : longueur, diamètre, entraxe ou épaisseur qu’une pièce doit respecter.
Dans le vocabulaire technique, une cote est une mesure indiquée sur un dessin : la longueur d’une pièce, le diamètre d’un trou, la distance entre deux perçages. Sans accent circonflexe, le mot se distingue de la « côte » du littoral ou du corps.
Lorsqu’on commande une pièce ou qu’on demande à reproduire un objet cassé, les cotes importantes sont celles qui conditionnent le montage : diamètres d’axes, entraxes des fixations, épaisseurs à respecter. Les signaler clairement évite bien des allers-retours.
On parle de « cotation » pour l’ensemble des cotes d’un plan, et de « cote critique » ou « cote fonctionnelle » pour celles qui doivent être tenues avec précision. Une cote s’accompagne souvent d’une tolérance.
- Creative CommonsIntermédiaire
Famille de licences gratuites qui permettent à un auteur d’autoriser à l’avance le partage de son œuvre, par exemple un modèle 3D, sous certaines conditions.
Creative Commons est une organisation à but non lucratif qui propose des licences standardisées. Au lieu de « tous droits réservés », l’auteur choisit « certains droits réservés » : il autorise d’emblée la copie et la diffusion de son œuvre, en fixant ses conditions par des clauses combinables.
La clause BY impose de citer l’auteur ; NC interdit l’utilisation commerciale ; ND interdit les modifications ; SA impose de partager les œuvres modifiées sous la même licence. On obtient ainsi six licences, de la plus ouverte (CC BY) à la plus restrictive (CC BY-NC-ND), auxquelles s’ajoute l’outil CC0 pour renoncer à ses droits autant que la loi le permet.
Sur les plateformes de modèles 3D, ces licences sont omniprésentes. Avant d’imprimer, de modifier ou de vendre un objet téléchargé, il faut donc vérifier la licence exacte du fichier : elle détermine ce qui est permis.
E
- ExtrudeurIntermédiaire
Mécanisme de l’imprimante FDM qui entraîne le filament et le pousse vers la partie chauffante et la buse, avec un débit précis.
L’extrudeur (on dit aussi extrudeuse) est composé de roues crantées ou d’engrenages actionnés par un moteur. Il saisit le filament et le pousse à la vitesse voulue vers la zone chauffante, où il fond avant de sortir par la buse.
On distingue deux grandes architectures : l’extrudeur « direct », monté sur la tête d’impression, qui gère bien les filaments souples, et l’extrudeur « Bowden », fixé au châssis et relié à la tête par un tube, qui allège la partie mobile.
Un extrudeur mal réglé est une cause fréquente de défauts : s’il ne pousse pas assez, les couches sont lacunaires (sous-extrusion) ; s’il pousse trop, les surfaces bavent. Son réglage de débit s’étalonne selon chaque filament.
F
- Fabrication additiveDébutant
Nom technique et industriel de l’impression 3D : on fabrique en ajoutant de la matière couche par couche, à l’inverse de l’usinage qui en retire.
La fabrication additive désigne l’ensemble des procédés qui construisent un objet par ajout successif de matière. Le terme est surtout employé dans l’industrie et dans les normes, alors qu’« impression 3D » est l’expression du grand public ; les deux désignent la même famille de techniques.
On l’oppose à la fabrication soustractive (fraisage, tournage, découpe), qui part d’un bloc de matière et en enlève, et à la fabrication formative (moulage, injection), qui donne sa forme à la matière dans un moule.
Son intérêt : réaliser des formes complexes, creuses ou personnalisées sans outillage spécifique. Sa limite : chaque pièce prend du temps à fabriquer, ce qui la rend surtout pertinente pour les pièces uniques, les prototypes et les petites séries.
- FDM (dépôt de filament fondu)Débutant
Technologie d’impression 3D la plus répandue : un fil de plastique est fondu dans une buse chauffée puis déposé en fines couches successives.
Le FDM (Fused Deposition Modeling, ou dépôt de filament fondu) fonctionne un peu comme un pistolet à colle très précis piloté par ordinateur. Une bobine de filament alimente une tête chauffante, qui fait fondre le plastique et le dépose en cordons sur le plateau d’impression, couche après couche.
C’est la technologie idéale pour les pièces fonctionnelles, les supports, les boîtiers ou les prototypes, avec un large choix de matériaux : PLA, PETG, ASA, TPU, nylon…
Nuances : les couches restent généralement visibles à l’œil nu, et la pièce est souvent moins résistante entre deux couches que dans le sens des cordons. Le sigle FDM est une marque déposée de la société Stratasys ; on rencontre donc aussi le terme générique FFF (Fused Filament Fabrication), qui désigne le même principe.
- FilamentDébutant
Fil de plastique enroulé sur une bobine, qui sert de matière première aux imprimantes 3D à dépôt de fil fondu (FDM).
Le filament est la « cartouche d’encre » d’une imprimante FDM. Il se présente sous la forme d’un fil de diamètre calibré, enroulé sur une bobine. L’imprimante le tire, le fait fondre dans sa buse et le dépose couche par couche.
Il en existe de nombreuses sortes : PLA, PETG, ASA, TPU, nylon, mais aussi des versions chargées en fibres, en bois ou en métal pour l’aspect. Le choix du filament détermine la résistance, la souplesse, la tenue à la chaleur et l’aspect de la pièce.
Point d’attention : plusieurs filaments absorbent l’humidité de l’air. Un filament humide imprime moins bien (bulles, fils, surface irrégulière) ; on le conserve donc dans un contenant hermétique et on le sèche si nécessaire.
- FiletageIntermédiaire
Rainure hélicoïdale qui permet à une vis ou un écrou de se visser ; il peut être imprimé directement, taraudé ou remplacé par un insert.
Un filetage est le relief en spirale d’une vis (filetage extérieur) ou d’un écrou (filetage intérieur, appelé aussi taraudage). Il est défini par son diamètre et son pas, c’est-à-dire la distance parcourue en un tour.
En impression 3D, plusieurs solutions existent. Les gros filetages, comme ceux d’un couvercle de bocal, s’impriment très bien directement. Les petits filetages métriques, eux, sont souvent trop fins pour être imprimés fidèlement : on imprime alors un trou lisse que l’on taraude à la main, ou l’on y place un insert en laiton.
Nuance : un filetage imprimé en plastique s’use plus vite qu’un filetage métallique, surtout s’il est vissé et dévissé fréquemment. Pour un montage démontable, l’insert métallique est généralement le choix le plus durable.
- Fonte à cire perdueAvancé
Procédé de fonderie ancestral : un modèle en cire ou en résine est enrobé, puis éliminé par la chaleur pour laisser la place au métal coulé.
La fonte à cire perdue est pratiquée depuis l’Antiquité par les orfèvres et les sculpteurs. On réalise un modèle, on l’enrobe d’un matériau réfractaire (plâtre spécial ou céramique), puis on chauffe l’ensemble : le modèle fond ou brûle et disparaît, laissant une cavité à sa forme exacte. On y coule enfin le métal en fusion.
L’impression 3D a modernisé la première étape : le modèle peut être imprimé en résine calcinable ou en cire, avec une précision difficile à atteindre à la main. Cette combinaison est très utilisée en bijouterie, en dentisterie et pour les pièces d’art ou de restauration.
Chaque modèle est détruit lors de la cuisson : il en faut donc un par pièce coulée. La réussite dépend beaucoup de la qualité du modèle et de la maîtrise du cycle de cuisson par la fonderie.
G
- G-codeIntermédiaire
Langage d’instructions pas à pas qui indique à une imprimante 3D où se déplacer, à quelle vitesse et quelle quantité de matière déposer.
Le G-code est un langage issu des machines-outils à commande numérique. Chaque ligne est une instruction simple : se déplacer vers telle position, chauffer la buse à telle température, pousser tant de filament, activer le ventilateur…
Le trancheur génère automatiquement ce fichier à partir du modèle 3D et des réglages choisis ; l’imprimante l’exécute ensuite ligne après ligne. Un même objet peut ainsi donner des G-codes très différents selon la machine, le matériau et la qualité visée.
Nuance pratique : un G-code est propre à une machine et à un réglage donné. Il ne se partage donc pas comme un modèle 3D ; pour transmettre un objet à imprimer, on privilégie un fichier STL, 3MF ou STEP.
H
- Hauteur de coucheDébutant
Épaisseur de chaque tranche de matière déposée ; plus elle est fine, plus la surface est lisse, mais plus l’impression est longue.
La hauteur de couche correspond à l’épaisseur de chaque étage de la pièce, exprimée en millimètres ou en microns. C’est l’un des premiers réglages du trancheur et l’un de ceux qui influencent le plus le résultat.
Des couches fines rendent les courbes et les pentes douces plus lisses, les marches entre couches devenant moins visibles. Des couches épaisses divisent le temps d’impression et conviennent aux pièces techniques dont l’aspect importe peu.
Nuances : diminuer la hauteur de couche n’améliore pas la précision dans le plan horizontal, qui dépend surtout de la buse ; et elle reste liée au diamètre de la buse, qu’il ne faut pas dépasser. Certains trancheurs proposent des hauteurs de couche variables, fines dans les zones courbes et épaisses ailleurs.
I
- Impression 3DDébutant
Technique qui fabrique un objet couche après couche à partir d’un fichier numérique, en ajoutant de la matière plutôt qu’en la retirant.
L’impression 3D consiste à transformer un modèle numérique en objet physique en le construisant tranche par tranche. Selon la technologie, la machine dépose un plastique fondu, durcit une résine liquide à la lumière ou soude une poudre au laser.
Concrètement, elle permet de produire une pièce unique ou une petite série sans fabriquer d’outillage : une pièce de rechange introuvable, un prototype à tester, un boîtier sur mesure, une figurine ou un support adapté à un usage précis.
Nuance utile : une pièce imprimée n’a pas toujours les mêmes propriétés qu’une pièce moulée industriellement. Sa solidité dépend du matériau, mais aussi de son orientation, de ses réglages et de sa conception. Pour de grandes quantités d’objets identiques, d’autres procédés, comme l’injection plastique, deviennent souvent plus économiques.
- Indice de durabilitéIntermédiaire
Note sur 10 qui succède à l’indice de réparabilité pour certains appareils : elle évalue à la fois leur réparabilité et leur fiabilité.
Prévu par la loi AGEC, l’indice de durabilité va plus loin que l’indice de réparabilité. Il reprend ses critères (documentation, démontage, disponibilité et prix des pièces détachées) et y ajoute des critères de fiabilité : robustesse du produit, résistance à l’usure, facilité d’entretien, durée de garantie, possibilités de mise à jour…
Il s’affiche depuis le 8 janvier 2025 sur les téléviseurs et depuis le 8 avril 2025 sur les lave-linge, où il remplace l’indice de réparabilité. D’autres catégories de produits doivent suivre.
Pour le consommateur, c’est un repère simple pour comparer des appareils au moment de l’achat. Comme pour l’indice de réparabilité, la note est calculée par le fabricant selon une grille réglementaire ; elle reflète une évaluation encadrée, pas un test indépendant de chaque modèle.
- Indice de réparabilitéIntermédiaire
Note sur 10, obligatoire en France depuis 2021 sur certains appareils électriques et électroniques, qui indique s’ils sont faciles à réparer.
Créé par la loi AGEC, l’indice de réparabilité s’affiche depuis le 1er janvier 2021 sur plusieurs catégories de produits, au moment de l’achat, en magasin comme en ligne. Il prend la forme d’une note sur 10 accompagnée d’un pictogramme coloré, du rouge au vert foncé.
La note est calculée par le fabricant à partir de critères fixés par la réglementation : disponibilité de la documentation, facilité de démontage, disponibilité et prix des pièces détachées, et critères propres à chaque type de produit. Elle concerne notamment les ordinateurs portables, les lave-vaisselle, les aspirateurs, les tondeuses électriques et les nettoyeurs haute pression.
Depuis 2025, il est progressivement remplacé par l’indice de durabilité pour certaines catégories, comme les téléviseurs et les lave-linge. La liste des produits concernés évolue : mieux vaut la vérifier sur le site du ministère de la Transition écologique.
- Injection plastiqueAvancé
Procédé industriel qui injecte du plastique fondu sous pression dans un moule métallique ; il produit de grandes séries à faible coût unitaire.
Le moulage par injection est le procédé qui fabrique la plupart des objets en plastique du quotidien. Des granulés sont fondus puis injectés sous forte pression dans un moule, généralement en acier ou en aluminium. La pièce refroidit, est éjectée, et le cycle recommence en quelques secondes.
Une fois le moule fabriqué, chaque pièce revient très peu cher et présente des propriétés homogènes dans toutes les directions. C’est la solution de référence pour les grandes séries.
Sa contrainte principale est l’outillage : concevoir et usiner un moule coûte cher et prend du temps, et la moindre modification ultérieure est coûteuse. L’impression 3D intervient souvent en amont, pour les prototypes et la présérie, avant d’engager cet investissement ; elle permet parfois même de réaliser des inserts de moule pour de courtes séries.
- Insert laiton (thermo-inséré)Avancé
Petite douille métallique filetée enfoncée à chaud dans une pièce imprimée, pour y visser solidement une vis, même après de nombreux démontages.
Un insert en laiton est un petit cylindre moleté à l’extérieur et fileté à l’intérieur. On le pose sur un trou prévu à cet effet dans la pièce imprimée, puis on l’enfonce avec un fer à souder muni d’une panne adaptée : le plastique fond autour du moletage, puis se resolidifie en l’emprisonnant.
Le résultat est un filetage métallique robuste, qui supporte un serrage correct et de multiples montages et démontages, là où un filetage directement imprimé s’userait rapidement. C’est la solution de référence pour les boîtiers, les capots et les pièces techniques assemblées par vis.
Pour réussir la pose, le trou doit être dimensionné selon les recommandations du fabricant de l’insert, et entouré de suffisamment de parois pour que la matière tienne. L’insert doit être enfoncé bien droit, sans excès de chaleur.
J
- Jeu fonctionnel (clearance)Intermédiaire
Espace volontairement laissé entre deux pièces pour qu’elles puissent s’emboîter, glisser ou tourner l’une par rapport à l’autre.
Si l’on dessine un axe de 10 mm pour qu’il entre dans un trou de 10 mm, l’assemblage sera presque toujours impossible une fois imprimé. Il faut prévoir un jeu, c’est-à-dire un petit écart entre les deux surfaces, qu’on appelle clearance en anglais.
La valeur du jeu dépend de l’effet recherché : un emboîtement serré qui tient seul, un ajustement glissant, ou une pièce qui doit tourner librement. Elle dépend aussi de la technologie et de la machine, car chaque imprimante a ses petits écarts.
La méthode la plus sûre consiste à imprimer une éprouvette de calibration, avec plusieurs jeux différents, pour déterminer la valeur qui convient à un matériau et à une machine donnés, puis à reporter cette valeur dans la conception.
L
- Lavage à l’IPAIntermédiaire
Étape de nettoyage des pièces imprimées en résine dans de l’alcool isopropylique, pour retirer la résine liquide restée en surface.
Au sortir d’une imprimante résine, la pièce est recouverte d’un film de résine non durcie, collant et irritant. On la plonge donc dans un bain d’alcool isopropylique (IPA), souvent dans une station de lavage qui fait circuler le liquide.
Le lavage doit être suffisant pour dégager les détails fins et les cavités, sans être prolongé à l’excès : un bain trop long peut fragiliser ou blanchir certaines résines. Des résines dites « lavables à l’eau » existent également, mais l’eau souillée doit être traitée avec autant de soin.
Précautions : l’IPA est inflammable et ses vapeurs ne doivent pas être respirées ; on l’utilise avec des gants, dans une pièce aérée, loin de toute flamme. Le liquide chargé de résine ne se vide jamais à l’évier : on le laisse décanter et durcir aux UV avant de l’apporter en déchetterie.
- Licence NC (pas d’utilisation commerciale)Intermédiaire
Clause Creative Commons qui interdit d’utiliser une œuvre, comme un modèle 3D, principalement dans le but d’en tirer un avantage commercial ou financier.
La clause NC (NonCommercial, « Pas d’utilisation commerciale ») figure dans les licences CC BY-NC, CC BY-NC-SA et CC BY-NC-ND. Selon Creative Commons, une utilisation commerciale est une utilisation « prioritairement destinée à susciter un avantage commercial ou une compensation financière ».
Pour un modèle 3D, cela signifie qu’on peut en principe le télécharger, l’imprimer pour soi et le partager en citant l’auteur, mais pas vendre les impressions ni utiliser l’objet pour promouvoir une activité payante sans son accord. Un atelier qui imprimerait un tel modèle contre rémunération doit donc obtenir l’autorisation de l’auteur ou choisir un fichier sous une licence compatible.
Nuance : la frontière entre usage commercial et non commercial n’est pas toujours évidente. En cas de doute, le plus simple est de contacter l’auteur ; beaucoup proposent d’ailleurs une licence commerciale séparée.
- Loi AGECIntermédiaire
Loi française de février 2020 contre le gaspillage et pour l’économie circulaire ; elle a notamment créé l’indice de réparabilité et le fonds réparation.
La loi AGEC, pour « anti-gaspillage pour une économie circulaire », est la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire. Elle vise à passer d’un modèle « produire, consommer, jeter » à une économie où l’on prolonge la durée de vie des produits.
Elle comporte de nombreuses mesures : meilleure information du consommateur, lutte contre l’obsolescence programmée, indices de réparabilité puis de durabilité, extension de la responsabilité des producteurs, fonds dédiés à la réparation et au réemploi (d’où le bonus réparation), réduction des plastiques à usage unique, interdiction de détruire les invendus non alimentaires…
Beaucoup de ses dispositions entrent en vigueur progressivement, par décrets successifs. Pour connaître une obligation précise et sa date d’application, il faut se référer au texte consolidé publié sur Légifrance.
M
- Maillage 3D (mesh)Intermédiaire
Représentation d’un objet 3D sous la forme d’un réseau de petites facettes, le plus souvent des triangles, reliées par leurs sommets et leurs arêtes.
Un maillage, ou mesh, décrit la surface d’un objet comme une coque faite de facettes planes. Plus les facettes sont nombreuses et petites, plus les courbes paraissent lisses ; mais le fichier devient aussi plus lourd.
C’est la forme sous laquelle se présentent les fichiers STL, OBJ et 3MF, ainsi que les résultats de scans 3D et de sculptures numériques. Le trancheur travaille à partir de ce maillage pour calculer les couches.
Limites : un maillage ne « sait » pas qu’un trou est un cercle ; il n’en connaît qu’une approximation. Il peut aussi contenir des défauts (trous, faces inversées, surfaces qui se croisent) qui empêchent une impression correcte et qu’il faut réparer avant de lancer la fabrication.
- Modèle étanche (manifold)Avancé
Modèle 3D dont la surface est parfaitement fermée, sans trou ni défaut, de sorte qu’on peut distinguer sans ambiguïté l’intérieur de l’extérieur.
Pour être imprimé, un maillage doit former une enveloppe fermée, comme un ballon sans fuite : on dit qu’il est étanche, ou manifold en anglais. Chaque arête doit être partagée par exactement deux facettes, sans trou, sans face en double ni surfaces qui se traversent.
Cette condition permet au trancheur de savoir où se trouve la matière. Un modèle non étanche peut produire des couches manquantes, des parois absentes ou des erreurs de calcul.
Les modèles issus de scans, de sculptures numériques ou de jeux vidéo présentent souvent ce type de défauts. Les trancheurs et des logiciels spécialisés proposent des fonctions de réparation automatique, efficaces dans les cas simples mais qui ne remplacent pas une vérification attentive pour les pièces complexes.
- Modélisation 3DDébutant
Création sur ordinateur de la représentation en trois dimensions d’un objet, préalable indispensable à toute impression 3D.
La modélisation 3D consiste à construire la forme numérique d’un objet dans un logiciel. Elle peut suivre deux grandes approches : la conception technique (CAO), fondée sur des cotes précises, et la modélisation artistique ou sculpture numérique, qui façonne des formes libres comme on modèlerait de l’argile.
On peut aussi partir d’un objet existant grâce au scanner 3D ou à la photogrammétrie, puis retravailler le résultat.
Nuance importante pour l’impression : un modèle destiné à l’écran (jeu vidéo, animation) n’est pas forcément imprimable. Il doit être fermé, avoir des épaisseurs suffisantes, tenir compte des surplombs et des tolérances d’assemblage. Concevoir en pensant dès le départ à la fabrication fait gagner beaucoup de temps.
- Moulage siliconeAvancé
Technique qui consiste à couler du silicone autour d’un modèle pour créer un moule souple, puis à y reproduire la pièce en résine ou en autre matière.
Le moulage silicone permet de dupliquer un objet. On part d’un modèle original, appelé master, que l’on noie dans un silicone liquide. Une fois le silicone durci, on retire le master : il reste un moule souple qui reproduit fidèlement ses moindres détails.
On y coule ensuite une résine de coulée (polyuréthane, époxy…), du plâtre, de la cire ou certains alliages à bas point de fusion. L’impression 3D, notamment en résine, sert souvent à réaliser le master, dont la surface doit être parfaitement finie car chaque défaut se retrouvera sur les copies.
C’est une solution intéressante pour quelques dizaines de pièces. Le moule s’use cependant au fil des coulées, et les formes très complexes imposent un moule en plusieurs parties, plus délicat à concevoir.
- MSLAIntermédiaire
Variante de l’impression résine où un écran LCD masque la lumière UV pour durcir une couche entière d’un seul coup, au lieu d’un laser qui la dessine.
Le MSLA (Masked Stereolithography, stéréolithographie masquée) reprend le principe de la SLA : une résine liquide durcit sous l’effet de la lumière ultraviolette. La différence tient à la source lumineuse. Un écran LCD placé sous le bac agit comme un pochoir : il laisse passer la lumière UV uniquement aux endroits qui doivent se solidifier.
Comme toute la couche est exposée en même temps, la durée d’impression dépend surtout de la hauteur de l’objet, pas du nombre de pièces posées sur le plateau. C’est la technologie qui a rendu l’impression résine accessible, notamment pour les figurines et les petites pièces détaillées.
Limite : la finesse des détails dépend de la résolution de l’écran, et le post-traitement (lavage, post-cuisson) reste indispensable.
N
- Nylon (PA)Avancé
Plastique technique très résistant à l’usure et aux chocs, utilisé pour les engrenages, charnières et pièces mécaniques ; il craint l’humidité.
Le nylon est le nom courant des polyamides, désignés par le sigle PA suivi d’un chiffre (PA6, PA12…). C’est un matériau d’ingénierie : tenace, résistant à la fatigue et au frottement, légèrement souple, il supporte les pièces qui travaillent.
On l’utilise pour des engrenages, des charnières, des clips, des pièces de fixation ou des outils. Il existe en filament pour le FDM, souvent renforcé de fibres de carbone ou de verre pour gagner en rigidité, et en poudre pour le frittage laser (SLS).
Sa principale contrainte est l’humidité : il absorbe rapidement l’eau contenue dans l’air, ce qui dégrade l’impression et modifie ses propriétés mécaniques. Il faut le sécher avant usage et l’imprimer dans de bonnes conditions, idéalement dans une machine fermée.
O
- OBJIntermédiaire
Format de fichier 3D courant en infographie, qui décrit un maillage et peut y associer des textures et des couleurs.
Le format OBJ est très utilisé dans le monde de l’infographie, du jeu vidéo et de la numérisation 3D. Comme le STL, il décrit la surface d’un objet par un maillage de polygones, mais il peut aussi référencer des informations de texture et de couleur, stockées dans des fichiers annexes.
On le rencontre souvent en sortie d’un scanner 3D ou d’un logiciel de photogrammétrie, ou pour des modèles artistiques issus de logiciels comme Blender.
Pour l’impression, la plupart des trancheurs l’acceptent, mais seule la géométrie est généralement exploitée. Attention aux fichiers annexes : un OBJ transmis seul perd ses textures. Et comme tout maillage, il se prête mal aux retouches dimensionnelles précises.
- Orientation d’impressionIntermédiaire
Position dans laquelle une pièce est posée sur le plateau pour être imprimée ; elle influence sa solidité, son aspect, les supports et la durée.
Un même objet peut être imprimé debout, couché ou incliné. Ce choix, fait dans le trancheur, a de nombreuses conséquences : quantité de supports, surfaces marquées par ces supports, visibilité des couches sur les faces importantes, durée d’impression et précision des trous.
Il joue surtout sur la résistance mécanique. Une pièce imprimée en FDM est plus fragile entre ses couches que le long de celles-ci : un crochet imprimé debout peut casser net, alors que le même crochet imprimé à plat supportera bien plus de charge.
Choisir l’orientation revient donc à arbitrer entre plusieurs critères. Pour une pièce fonctionnelle, on privilégie en général la solidité dans le sens des efforts ; pour une pièce d’exposition, l’aspect des faces visibles.
P
- Périmètres (parois)Débutant
Contours successifs imprimés sur le bord de chaque couche, qui forment la « peau » de la pièce et lui apportent l’essentiel de sa solidité.
Dans une impression FDM, chaque couche commence par le tracé de son contour extérieur, doublé d’un ou plusieurs contours intérieurs : ce sont les périmètres, aussi appelés parois ou coques (walls ou shells en anglais). Les couches pleines du dessus et du dessous complètent cette enveloppe.
Le nombre de périmètres est un réglage clé : davantage de parois rend la pièce plus rigide, plus étanche et plus résistante, notamment autour des trous de vis ou des inserts.
Nuance : au-delà d’un certain nombre de parois, le gain devient faible alors que le temps d’impression continue d’augmenter. Le bon réglage dépend donc de l’usage de la pièce : décorative, fonctionnelle ou soumise à des efforts.
- PETGDébutant
Plastique d’impression 3D solide et un peu souple, plus résistant à la chaleur et à l’humidité que le PLA, apprécié pour les pièces utiles.
Le PETG est un polyester de la même famille que le plastique des bouteilles (PET), modifié au glycol pour être plus facile à mettre en forme. En impression 3D, c’est un excellent compromis entre la facilité du PLA et la robustesse de matériaux plus techniques.
Il résiste mieux aux chocs et à la chaleur que le PLA, supporte bien l’humidité et reste légèrement flexible plutôt que de casser net. On l’utilise pour des supports, des boîtiers, des pièces d’extérieur protégées du plein soleil ou des pièces mécaniques légères.
Nuances : il a tendance à produire des fils fins entre les parties de la pièce (stringing) et colle parfois trop fort au plateau d’impression. Sa tenue aux UV est correcte, mais l’ASA reste préférable pour une exposition prolongée au soleil.
- PhotogrammétrieIntermédiaire
Technique qui reconstitue un objet en 3D à partir d’une série de photos prises sous différents angles, traitées par un logiciel.
La photogrammétrie exploite des dizaines, voire des centaines de photographies d’un même objet. Un logiciel repère les points communs d’une image à l’autre, en déduit la position de l’appareil et reconstruit un nuage de points, puis un maillage texturé.
Elle ne demande qu’un bon appareil photo, voire un smartphone, et convient bien aux objets de taille moyenne à grande, aux sculptures, aux éléments de patrimoine ou aux décors.
Limites : les surfaces brillantes, transparentes ou uniformes sont difficiles à reconstituer, et l’échelle doit être calibrée à l’aide d’une référence mesurée. La précision obtenue convient à la reproduction d’une forme, mais rarement à une pièce mécanique qui doit s’ajuster au dixième de millimètre : on la redessine alors en CAO.
- Pièce détachéeDébutant
Élément de remplacement permettant de réparer un appareil ou un objet ; l’impression 3D peut en recréer lorsqu’elles sont introuvables.
Une pièce détachée est un composant vendu ou fabriqué séparément pour remplacer un élément cassé ou usé : clip, bouton, charnière, roulette, engrenage, support… Sa disponibilité conditionne directement la possibilité de réparer un objet plutôt que de le jeter.
Lorsque le fabricant ne la propose plus, l’impression 3D offre une solution : on mesure la pièce d’origine, on la redessine en CAO, en l’améliorant parfois, puis on l’imprime dans un matériau adapté à son usage.
Limites à garder en tête : toutes les pièces ne s’y prêtent pas. Les éléments soumis à de fortes contraintes, à la chaleur, au contact alimentaire ou liés à la sécurité (freins, pièces de gaz, sièges auto…) exigent des matériaux et des validations que l’impression 3D ne garantit pas. Reproduire une pièce protégée par un droit de propriété intellectuelle pour la vendre peut aussi poser question.
- Pied à coulisseDébutant
Instrument de mesure qui permet de relever précisément les dimensions extérieures, intérieures et les profondeurs d’une pièce.
Le pied à coulisse est l’outil de base de quiconque conçoit des pièces à imprimer. Deux becs coulissent l’un par rapport à l’autre : on les place de part et d’autre de la pièce et on lit la dimension sur un vernier, un cadran ou un écran numérique.
Il mesure les diamètres extérieurs, les alésages grâce à ses becs intérieurs, et les profondeurs grâce à une tige qui sort à l’arrière. C’est indispensable pour reproduire une pièce cassée, vérifier une impression ou concevoir un accessoire qui doit s’emboîter sur un objet existant.
Bon réflexe : mesurer plusieurs fois, à différents endroits, sans serrer exagérément, surtout sur les matières souples. Un modèle numérique n’est précis que si les mesures qui l’ont nourri le sont aussi.
- PLADébutant
Plastique d’impression 3D le plus courant, facile à imprimer et issu de ressources végétales, mais sensible à la chaleur.
Le PLA (acide polylactique) est un plastique fabriqué à partir de ressources végétales comme l’amidon de maïs ou la canne à sucre. C’est le filament de référence pour débuter : il imprime à température modérée, se déforme peu et offre un bel aspect, dans une très large palette de couleurs.
Il convient parfaitement aux prototypes, maquettes, objets décoratifs, figurines, organisateurs ou pièces d’intérieur peu sollicitées.
Sa grande limite est la chaleur : il commence à ramollir à une température relativement basse (de l’ordre de 55 °C selon les fiches comparatives des fabricants), ce qui exclut une voiture en plein soleil ou la proximité d’une source chaude. Autre nuance : « biosourcé » ne veut pas dire qu’il se dégrade dans un composteur domestique ; il nécessite des conditions de compostage industriel.
- Plateau d’impressionDébutant
Surface plane sur laquelle l’objet est construit pendant l’impression ; la bonne adhérence de la première couche en dépend.
Le plateau d’impression est la base sur laquelle se dépose la toute première couche. En FDM, il est généralement chauffé et recouvert d’une surface amovible (feuille PEI texturée ou lisse, verre…) ; en impression résine, c’est une plaque métallique sur laquelle la pièce se forme la tête en bas.
Son rôle est double : retenir fermement la pièce pendant toute l’impression, puis la libérer une fois terminée. Un plateau mal nivelé, sale ou à la mauvaise température entraîne des décollements, du warping ou une première couche ratée.
Astuce : les traces de doigts suffisent souvent à dégrader l’adhérence ; un nettoyage régulier, selon les recommandations du fabricant de la surface, règle bien des problèmes.
- PonçageDébutant
Opération qui consiste à frotter la surface d’une pièce avec un abrasif de plus en plus fin pour effacer les stries de couches et les traces de supports.
Le ponçage est la technique de finition la plus courante. On commence avec un grain grossier pour faire disparaître les défauts les plus marqués, puis on passe progressivement à des grains plus fins jusqu’à obtenir une surface régulière.
Le ponçage à l’eau est souvent recommandé : l’eau limite la poussière, évite que le plastique ne chauffe et ne s’encrasse sur le papier, et donne une surface plus fine. Pour la résine, il permet d’éviter de respirer des poussières de résine durcie.
Limites : le PLA ramollit s’il chauffe sous un ponçage trop énergique, et les matériaux souples comme le TPU se poncent très mal. Le ponçage retire aussi un peu de matière, ce qui peut compromettre une cote précise. Il est souvent combiné à un apprêt pour une finition parfaitement lisse.
- Pont (bridging)Intermédiaire
Segment imprimé à l’horizontale dans le vide entre deux points d’appui, comme le dessus d’une ouverture, sans support en dessous.
Un pont, ou bridging, est une portion de couche que l’imprimante tend dans le vide entre deux appuis, à la manière d’un fil tendu entre deux poteaux. C’est le cas du haut d’une fenêtre dans une maquette ou d’un trou rectangulaire dans une pièce.
Grâce à un refroidissement énergique et à des réglages adaptés (vitesse, débit), le plastique fondu se solidifie avant de s’affaisser, ce qui évite d’ajouter des supports difficiles à retirer à l’intérieur de l’ouverture.
Limite : plus la portée est longue, plus les cordons risquent de pendre. La capacité à réussir un pont dépend du matériau, de la machine et de ses réglages ; on la vérifie volontiers sur une petite pièce de test avant une impression importante.
- Post-cuisson UV (post-cure)Intermédiaire
Exposition d’une pièce en résine, après lavage, à une lumière ultraviolette pour terminer son durcissement et stabiliser ses propriétés.
À la fin de l’impression, une pièce en résine n’est pas entièrement polymérisée. La post-cuisson (post-cure) consiste à l’exposer, une fois lavée et bien sèche, à une lumière UV, souvent dans une petite enceinte équipée d’un plateau tournant, parfois avec une légère chaleur.
Cette étape rend la pièce plus dure, plus résistante et moins collante. Elle réduit aussi la part de résine non réagie, ce qui la rend plus sûre à manipuler.
Nuance : trop de post-cuisson peut rendre certaines résines plus cassantes ou les faire jaunir. La durée et les conditions à respecter sont indiquées par le fabricant de chaque résine ; les résines techniques ou dentaires suivent des protocoles précis, indispensables pour atteindre les propriétés annoncées.
- Post-traitementDébutant
Ensemble des opérations réalisées après l’impression pour finir une pièce : retrait des supports, nettoyage, ponçage, peinture, pose d’inserts…
Une pièce qui sort de l’imprimante est rarement terminée. Le post-traitement regroupe toutes les étapes qui la rendent utilisable ou présentable : retirer les supports, ébavurer, poncer, reboucher, appliquer un apprêt, peindre, vernir ou poser des inserts.
Pour l’impression résine, il comprend aussi deux étapes obligatoires : le lavage, pour éliminer la résine liquide restée en surface, et la post-cuisson aux UV, qui achève le durcissement.
Le post-traitement peut représenter une part importante du temps total, parfois davantage que l’impression elle-même pour une pièce d’exposition. C’est pourquoi le niveau de finition souhaité compte parmi les premières questions à clarifier lors d’une commande.
- PrésérieIntermédiaire
Petite série fabriquée entre le prototype et la production en grande quantité, pour tester le produit, le marché ou le procédé.
La présérie est une étape intermédiaire : après avoir validé un prototype, on produit quelques dizaines ou centaines d’exemplaires. Ils servent à des tests utilisateurs, à des présentations commerciales, à une première mise en vente ou à valider le processus d’assemblage.
L’impression 3D s’y prête bien quand les quantités restent modestes : pas de moule à amortir, possibilité de corriger le modèle entre deux lots, délais courts. Le moulage silicone est une autre option courante à ce stade.
Limite : au-delà d’un certain volume, le coût unitaire de l’impression devient moins intéressant que celui de l’injection plastique, dont le moule coûte cher mais produit ensuite chaque pièce très rapidement. Le seuil de bascule dépend de la taille, de la complexité et du matériau de la pièce.
- PrototypeDébutant
Premier exemplaire d’un objet, fabriqué pour vérifier sa forme, ses dimensions ou son fonctionnement avant de le produire pour de bon.
Un prototype sert à tester une idée dans le monde réel. On distingue souvent le prototype d’aspect, qui valide la forme et l’ergonomie, et le prototype fonctionnel, qui vérifie qu’un mécanisme, un assemblage ou une fixation fonctionne réellement.
L’impression 3D est particulièrement adaptée au prototypage : sans outillage à fabriquer, on peut produire rapidement une version, la tester, corriger le modèle et relancer une nouvelle itération. On parle de prototypage rapide.
Nuance : un prototype imprimé ne se comporte pas forcément comme la pièce finale si celle-ci doit être fabriquée autrement, par exemple par injection plastique. La matière, l’anisotropie et l’état de surface diffèrent, et certains essais (résistance, vieillissement) demandent des précautions d’interprétation.
R
- Remplissage (infill)Débutant
Structure interne, souvent en grille ou en nid d’abeille, qui remplit partiellement l’intérieur d’une pièce imprimée pour économiser matière et temps.
Une pièce imprimée en FDM est rarement pleine. Entre ses parois, le trancheur génère un motif intérieur appelé remplissage, défini par un pourcentage (la densité) et un motif : grille, triangles, gyroïde, nid d’abeille…
Ce réglage permet d’ajuster le compromis entre solidité, poids, consommation de filament et durée d’impression. Un objet décoratif se contente d’un faible remplissage, alors qu’une pièce mécanique en demande davantage.
Nuance importante : augmenter le remplissage n’est pas toujours la meilleure façon de renforcer une pièce. Ajouter des périmètres (parois) apporte souvent plus de résistance pour moins de matière, car ce sont les couches extérieures qui encaissent l’essentiel des efforts.
- Résine calcinableAvancé
Résine d’impression 3D conçue pour brûler proprement, sans laisser de résidus, afin de servir de modèle en fonte à cire perdue.
Une résine calcinable (castable en anglais) est formulée pour disparaître entièrement lors de la cuisson du moule réfractaire, à la manière de la cire. Elle permet d’imprimer directement le modèle d’une bague, d’un pendentif ou d’une petite pièce mécanique, qui sera ensuite reproduit en métal.
Beaucoup de ces résines contiennent de la cire pour faciliter une combustion propre. Elles offrent une précision et une finesse de détail très appréciées en bijouterie.
Nuances : elles sont souvent plus fragiles et plus délicates à imprimer que les résines standard, et le fondeur doit adapter son cycle de cuisson aux recommandations du fabricant, sous peine de défauts sur la pièce coulée (résidus, porosités). Il est prudent de vérifier avec la fonderie qu’elle travaille déjà avec ce type de résine.
- Résine photopolymèreIntermédiaire
Liquide qui durcit lorsqu’il est exposé à une lumière ultraviolette ; c’est la matière première des imprimantes 3D SLA et MSLA.
Une résine photopolymère est un mélange liquide qui se solidifie sous l’action de la lumière, généralement ultraviolette. Les imprimantes résine l’exposent couche par couche pour construire l’objet.
Il en existe de nombreuses formulations : standard pour les maquettes et figurines, « tough » ou « ABS-like » pour des pièces plus résistantes aux chocs, flexibles, transparentes, dentaires ou calcinables pour la fonderie.
Précautions : à l’état liquide, la plupart des résines sont irritantes et peuvent provoquer des allergies cutanées. On les manipule avec des gants nitrile, dans une pièce aérée, et on ne les jette jamais à l’évier. Une fois lavée et bien post-cuite, la pièce est nettement plus sûre à manipuler, mais elle n’est pas pour autant apte au contact alimentaire.
- Résistance aux UVIntermédiaire
Capacité d’un matériau à supporter une exposition prolongée au soleil sans jaunir, se décolorer, ni devenir cassant.
Le rayonnement ultraviolet du soleil dégrade progressivement de nombreux plastiques : les couleurs passent, la surface devient crayeuse, et le matériau perd de sa souplesse jusqu’à devenir fragile. La résistance aux UV mesure la capacité d’un matériau à retarder ces effets.
C’est un critère décisif pour toute pièce destinée à l’extérieur : fixation de gouttière, accessoire de jardin, pièce de véhicule ou boîtier de capteur. Parmi les filaments courants, l’ASA a été spécialement formulé dans ce but ; le PETG se comporte correctement, tandis que le PLA et l’ABS y résistent moins bien.
La couleur compte aussi : les teintes foncées, notamment le noir chargé en noir de carbone, protègent souvent mieux le matériau. Une peinture ou un vernis anti-UV peut enfin prolonger la durée de vie d’une pièce.
- Retrait (shrinkage)Avancé
Légère diminution des dimensions d’une pièce lorsque le matériau refroidit ou durcit ; elle peut fausser les cotes et provoquer des déformations.
Presque tous les matériaux changent de volume en passant de l’état fondu ou liquide à l’état solide. En impression FDM, le plastique se contracte en refroidissant ; en impression résine, la polymérisation provoque aussi un léger retrait.
Conséquences concrètes : une pièce peut sortir un peu plus petite que prévu, des trous peuvent se refermer légèrement, et des contraintes internes peuvent apparaître, à l’origine du warping ou de fissures entre les couches.
L’ampleur du retrait varie fortement selon le matériau : faible pour le PLA, plus marquée pour l’ABS, l’ASA ou le nylon. Pour les pièces précises, on la compense par un facteur d’échelle dans le trancheur ou dans la conception, après avoir mesuré une pièce de test.
S
- Scanner 3DIntermédiaire
Appareil qui mesure la forme d’un objet réel, par laser ou lumière projetée, pour en créer une copie numérique en trois dimensions.
Un scanner 3D capture la géométrie d’un objet en y projetant de la lumière (motifs de lumière structurée, lignes laser) et en observant comment elle se déforme. Il produit un nuage de points ou un maillage, que l’on nettoie ensuite dans un logiciel.
Il sert à reproduire un objet, à documenter une pièce ancienne, à concevoir un accessoire parfaitement ajusté à une forme existante, ou à créer une pièce de rechange à partir d’un élément cassé.
Nuances : les surfaces noires, brillantes ou transparentes posent souvent problème et doivent parfois être matifiées au spray. Surtout, le scan ne remplace pas la conception : pour une pièce mécanique, il sert généralement de référence pour redessiner proprement la pièce en CAO, avec des dimensions nettes et des tolérances adaptées.
- SLA (stéréolithographie)Intermédiaire
Procédé d’impression 3D qui durcit une résine liquide couche par couche grâce à un laser ultraviolet, pour des pièces très fines et lisses.
La stéréolithographie, ou SLA, est l’une des plus anciennes techniques d’impression 3D. Un bac contient une résine photopolymère liquide ; un faisceau laser ultraviolet dessine chaque couche, ce qui la solidifie à l’endroit voulu. La pièce se construit ainsi, tranche après tranche.
Elle est appréciée pour sa précision et son état de surface très lisse : bijoux, figurines, pièces dentaires, maquettes détaillées ou masters destinés au moulage.
Revers de la médaille : les pièces sortent collantes de la machine et doivent être lavées puis durcies sous UV. Les résines demandent des précautions de manipulation (gants, aération), et beaucoup d’entre elles sont plus cassantes que les plastiques utilisés en FDM.
- SLS (frittage laser de poudre)Avancé
Procédé industriel qui soude une fine poudre de plastique, souvent du nylon, à l’aide d’un laser, sans avoir besoin de supports.
Le SLS (Selective Laser Sintering, frittage sélectif par laser) étale une fine couche de poudre, puis un laser chauffe et fusionne les grains aux endroits correspondant à la pièce. Une nouvelle couche de poudre est ensuite étalée, et ainsi de suite.
Grand avantage : la poudre non fondue soutient la pièce pendant sa fabrication. Il n’y a donc pas de supports à retirer, ce qui autorise des formes très complexes, des mécanismes imbriqués et des pièces fonctionnelles robustes, souvent en polyamide (nylon).
Nuances : les machines sont coûteuses et plutôt réservées aux services professionnels ; les pièces ont un aspect légèrement granuleux et mat, et doivent être dépoudrées après impression.
- STEPIntermédiaire
Format d’échange standard de la CAO qui décrit précisément les formes d’une pièce, idéal pour la modifier ou la faire fabriquer.
Le STEP (extensions .step ou .stp) est un format normalisé au niveau international (norme ISO 10303) pour échanger des modèles entre logiciels de CAO. Contrairement au STL, il ne découpe pas les surfaces en triangles : il conserve les cercles, les plans et les courbes exactes de la pièce.
C’est le format idéal pour transmettre une pièce technique à un atelier : les cotes sont exactes, les trous restent parfaitement ronds, et la pièce peut être retouchée (agrandir un perçage, ajouter un chanfrein, ajuster une tolérance) sans dégrader le modèle.
En contrepartie, il est moins universel côté grand public : les plateformes de modèles 3D le proposent moins souvent, même si de plus en plus de trancheurs savent l’importer directement.
- STLDébutant
Format de fichier 3D le plus répandu pour l’impression : il décrit la surface d’un objet sous la forme d’un ensemble de petits triangles.
Le format STL, né avec les premières machines de stéréolithographie, est devenu le standard d’échange de l’impression 3D. Il représente la surface de l’objet par un maillage de triangles, sans autre information.
Sa simplicité fait sa force : pratiquement tous les logiciels de modélisation et tous les trancheurs le lisent. La plupart des modèles téléchargeables en ligne sont proposés dans ce format.
Ses limites sont réelles : il ne contient ni unité (on ne sait pas si le modèle est en millimètres ou en pouces), ni couleur, ni matériau, et les courbes y sont approchées par des facettes. Il se modifie aussi difficilement. Pour une pièce à retoucher ou à ajuster, un fichier STEP d’origine est bien plus précieux ; pour conserver des réglages d’impression, on préfère le 3MF.
- StringingIntermédiaire
Défaut qui laisse de fins fils de plastique, comme des toiles d’araignée, entre deux parties d’une pièce imprimée.
Le stringing (en français, on parle de « fils » ou de « cheveux d’ange ») se produit lorsque du plastique fondu suinte de la buse pendant qu’elle se déplace d’une zone à une autre sans imprimer. Il reste alors de fins filaments tendus entre les parties de l’objet.
Les causes les plus fréquentes sont une température trop élevée, une rétraction insuffisante (le recul du filament avant un déplacement) ou un filament humide. Le PETG et le TPU y sont particulièrement sujets.
Ce défaut est surtout esthétique : les fils s’enlèvent à la pince, au cutter ou d’un rapide passage d’air chaud. Mieux vaut toutefois corriger le réglage, en commençant par sécher le filament et ajuster la température, car un stringing marqué signale souvent un problème de fond.
- Supports d’impressionDébutant
Structures provisoires imprimées sous les parties en porte-à-faux d’un objet, puis retirées après impression.
Une imprimante 3D ne peut pas déposer de matière dans le vide : chaque couche doit reposer sur la précédente. Lorsqu’une partie de l’objet avance trop en surplomb, le trancheur ajoute des supports, sortes d’échafaudages temporaires qui la soutiennent pendant la fabrication.
Il en existe plusieurs formes : en grille, en arbre (plus économes et plus faciles à retirer), ou dans un matériau soluble sur les machines multimatériaux. En impression résine, de fins supports en forme de pointes maintiennent la pièce au plateau.
Contreparties : les supports consomment de la matière et du temps, et laissent des marques sur les surfaces qu’ils touchent, qui demandent souvent un ponçage. Bien orienter la pièce ou adapter sa conception permet de réduire fortement leur besoin.
- SurplombIntermédiaire
Partie d’un objet qui avance dans le vide par rapport à la couche du dessous ; au-delà d’une certaine inclinaison, elle nécessite des supports.
Un surplomb (overhang) est une zone de la pièce qui déborde au-dessus du vide, comme le menton d’une statuette ou le rebord d’un couvercle. Chaque nouvelle couche est alors légèrement décalée vers l’extérieur par rapport à la précédente.
Tant que l’inclinaison reste modérée, chaque couche s’appuie en partie sur celle d’en dessous et l’impression se passe bien. Plus l’angle se rapproche de l’horizontale, plus les cordons s’affaissent, et plus le recours à des supports devient nécessaire. L’angle limite dépend du matériau, du refroidissement et des réglages.
Bon réflexe de conception : remplacer un surplomb brutal par un chanfrein ou une pente, ou orienter la pièce différemment, permet souvent de se passer de supports.
T
- Température de fléchissement (HDT)Avancé
Température à partir de laquelle un plastique commence à se déformer sous une charge donnée ; elle aide à savoir si une pièce supportera la chaleur.
La HDT (Heat Deflection Temperature, en français température de fléchissement sous charge) est mesurée selon des méthodes normalisées : on chauffe progressivement une éprouvette soumise à une charge, et on relève la température à laquelle elle fléchit d’une valeur donnée.
C’est un repère utile pour choisir un matériau. D’après les comparatifs publiés par les fabricants, le PLA se situe autour de 55 °C, le PETG un peu plus haut, et l’ABS ou l’ASA nettement au-dessus, ce qui explique qu’une pièce en PLA puisse se déformer dans une voiture au soleil.
Nuances : la valeur dépend de la charge utilisée pour l’essai, de la formulation exacte du matériau et de la façon dont il a été imprimé. Elle ne garantit pas le comportement d’une pièce réelle : une marge de sécurité reste indispensable.
- ToléranceIntermédiaire
Écart acceptable entre la dimension visée d’une pièce et sa dimension réelle, au-delà duquel la pièce ne remplit plus correctement sa fonction.
Aucun procédé de fabrication ne reproduit une cote au millième de millimètre près. La tolérance fixe donc une marge : une pièce prévue à 20 mm « plus ou moins 0,1 mm » est conforme si elle mesure entre 19,9 et 20,1 mm.
En impression 3D, cette notion est essentielle. La précision réelle dépend de la technologie, de la machine, du matériau, de l’orientation de la pièce et du retrait au refroidissement. Une pièce imprimée peut donc s’écarter légèrement du modèle, surtout sur les trous et les petits détails.
Il ne faut pas confondre la tolérance, qui décrit l’imprécision admise de la fabrication, avec le jeu, qui est un espace volontairement prévu entre deux pièces pour qu’elles s’assemblent. Pour les ajustements critiques, un petit test d’impression reste le moyen le plus fiable de valider les dimensions.
- TPUIntermédiaire
Plastique souple et élastique, proche du caoutchouc, utilisé pour imprimer des joints, des patins, des coques ou des pièces qui doivent plier.
Le TPU (polyuréthane thermoplastique) fait partie des filaments dits flexibles. Une fois imprimé, il se plie, s’écrase et reprend sa forme, un peu comme une gomme ou un caoutchouc. Sa souplesse est indiquée par sa dureté Shore : plus la valeur est basse, plus la matière est souple.
On l’emploie pour des joints, des amortisseurs, des pieds antidérapants, des protections, des bracelets ou des coques de téléphone. Il résiste bien à l’abrasion et aux chocs.
Nuances : il s’imprime lentement et certaines imprimantes, dont le chemin de filament est long, ont du mal à le pousser sans qu’il se torde. Les modèles très souples sont les plus délicats. Comme d’autres filaments, il absorbe l’humidité et doit être conservé au sec.
- Trancheur (slicer)Débutant
Logiciel qui découpe un modèle 3D en couches et calcule le trajet de l’imprimante, en appliquant les réglages choisis.
Le trancheur, souvent appelé slicer, est l’étape obligatoire entre le modèle 3D et l’imprimante. Il découpe virtuellement l’objet en tranches horizontales, puis calcule pour chacune d’elles le parcours de la buse ou l’image à exposer en impression résine.
C’est dans ce logiciel que l’on règle la hauteur de couche, le nombre de parois, le remplissage, les supports, les températures et les vitesses. Il estime aussi la durée d’impression et la quantité de matière, ce qui sert de base à un devis.
Le trancheur produit en sortie un fichier directement compréhensible par la machine, le plus souvent du G-code. Parmi les logiciels connus figurent PrusaSlicer, Cura, OrcaSlicer, Bambu Studio ou, pour la résine, Chitubox et Lychee.
W
- WarpingIntermédiaire
Défaut d’impression où les coins d’une pièce se soulèvent et se déforment parce que le plastique se rétracte en refroidissant.
Le warping (gauchissement) apparaît lorsque les couches supérieures, en refroidissant, se contractent et tirent sur les couches inférieures. Les angles de la pièce finissent par se décoller du plateau d’impression et se relever, ce qui déforme la base et peut faire échouer l’impression.
Il touche surtout les matériaux qui se rétractent fortement, comme l’ABS, l’ASA et le nylon, et les pièces longues à base plate. Le PLA y est beaucoup moins sensible.
Plusieurs parades existent : un plateau propre et à la bonne température, une bordure (brim) pour agrandir la surface d’accroche, une imprimante fermée pour éviter les courants d’air et garder une température stable, ou encore des coins arrondis dans la conception.